DVD pirates à la Fnac : les preuves !
Les rayons de la Fnac abritent des DVD pirates. La
SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique) cherche justement à en avoir le coeur net. A l'origine de ce soupçon, plusieurs DVD musicaux de concerts, publiés par
Wow Corporation, sont étrangement suspects au yeux de la
SACEM. Nous avons donc enquêté sur ces mystérieux DVD.
Le Canard Enchaîné révèle que, depuis deux mois, des enquêteurs de la
SACEM s'intéressent particulièrement aux DVD publiés par cet obscur label. En effet, il a de quoi attirer les suspicions : pas d'adresse, pas de site Internet. Ce label se situerait en ex-Yougoslavie, selon les investigations de la
SACEM. Les références de cet éditeur sont d'ailleurs présentes dans plusieurs boutiques en ligne situées en Allemagne et en Europe de l'Est.
Nous avons voulu en savoir plus sur cette étrange
Wow Corporation. Ainsi après quelques clics bien placés, nous avons pu découvrir qu'il s'agit d'un acronyme de
« Way of Wizards », également titre d'un livre écrit par
Tom Cross. Le logo qui arbore les différents DVD du catalogue du label est d'ailleurs tout droit sorti de la couverture du livre et incrusté sommairement sur les jaquettes... Déjà un premier indice suspect sur l'éditeur en question ? A-t-il les droits d'exploitation de l'illustration de couverture ?
La liste de ces DVD,
vendus à 16,16 € à la Fnac, regroupe plusieurs références, des
Rolling Stones à
Lenny Kravitz en passant par
Jimi Hendrix ou
Eric Clapton. Moins chers que la moyenne des DVD commercialisés, leurs pochettes sont généralement très bas de gamme : une simple photo de mauvaise qualité avec mention du nom de l'artiste
Le patron du service contrôles et enquêtes de la
SACEM,
Benoît Solignac-Lecomte, souligne même avec humour la pauvreté du support en lui-même :
« Il n'y a même pas le code du fabricant ni celui du distributeur. Et, parfois, à l'écran, on voit un logo dans un coin, grossièrement flouté ».
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La Fnac nie sa responsabilité sur les produits qu'elle vend
L'enseigne se défend en argumentant sur le nombre de références qu'elle a et en rejetant la faute sur les fournisseurs :
« Nous achetons 262 000 références par an et nous avons plus de 600 fournisseurs. Ils savent ce qu'ils nous vendent, ils sont donc responsables. C'est à eux d'être honnêtes. »

Ces propos de
Guy Messina, patron du disque et de la video chargé des achats du groupe, sont plutôt inquiétants sur l'intégrité du disquaire. Il n'exerce donc aucun contrôle sur ses fournisseurs alors que
Denis Olivennes, son dirigeant, voudrait qu'il y ait un contrôle sur les flux de téléchargements. Comme on le dit souvent en langage populaire,
Denis Olivennes devrait déjà balayer devant sa porte.
Il faut savoir que, l'année dernière, la Fnac a déjà eu affaire aux avocats de l'éditeur Eagle Vision parce qu'elle commercialisait des contrefaçons de ces DVD. Le responsable de la filiale française d'Eagle Vision le précise bien : « Il s'agissait soit de compilations piratées, soit de copies intégrales de nos programmes. De la pure contrefaçon ! »
Par ailleurs, la direction a été alertée de la présence de DVD pirates dans les étalages de l'enseigne. Mais celle ci se justifie d'une drôle de manière, selon un vendeur :
« La direction nous répond que d'autres, comme Virgin, en vendent aussi. Et que donc, vu la concurrence, on ne peut pas se permettre de ne pas avoir ces références dans nos rayons. »
Le fait est donc avéré, mais sous prétexte que d'autres le font, la vente de produits douteux serait légitimée par la direction. Mais
Guy Messina va plus loin dans ces propos (et dans la mauvaise foi ?) :
« On ne va pas à chaque commande, demander au fournisseur qu'il nous prouve que son produit possède toutes les autorisations. Maintenant si quelqu'un nous prouve qu'il n'est pas légal, on le retire des rayons. »
Chiche ?
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Démonstration limpide du caractère illicite d'un DVD publié par WOW Corporation
Si on se penche de plus près sur le DVD de
Jimi Hendrix « Live In Stockholm », en plus de constater l'insertion grossière du logo, on s'aperçoit qu'il n'est aucunement fait mention de
« Experience Hendrix », entreprise familiale qui gère aussi bien le nom, l'image que l'intégralité du répertoire musical de
Jimi Hendrix.
Déjà ce DVD ne respecte pas les droits d'auteur de Hendrix mais de plus il n'apparait absolument pas dans les références officielles du catalogue. Or, ce DVD se trouve même sur le site Internet de la Fnac à 16,16 €.
Si on prend un DVD officiel publié par
Eagle Vision, la collection de logos est déjà beaucoup plus riche au niveau des éditeurs, des normes techniques et des compatibilités matérielles :
On remarque surtout la présence du logo
Hendrix Experience sur la jaquette du DVD légal ainsi que le copyright
« Experience Hendrix LLC 1997 » alors que le DVD publié par
WOW Corporation ne comporte rien de tel. Le DVD de
WOW est tout simplement un bootleg (enregistrement pirate d'un concert). La définition même du bootleg est d'être un enregistrement sans autorisation de l'artiste, ou du label le représentant. Il en existe des millions pour des milliers d'artistes, notamment pour les concerts des années 70 des
Rolling Stones, de
Frank Zappa,
Deep Purple,
Led Zeppelin... Certains sont d'ailleurs très recherchés et, avant l'apparition d'Internet, il fallait connaître un petit disquaire à l'arrière boutique fournie soit se lancer dans de la VPC internationale pour trouver ces perles rares.
Mais si ces enregistrements pirates font partie du catalogue de la
Fnac, la voilà complice de ce marché parallèle qui ne respecte pas les droits d'auteur. En effet, la
Fnac tire des bénéfices de produits illégaux et
Denis Olivennes, en tant que responsable de l'enseigne, est directement responsable de la commercialisation d'oeuvres pillant les droits d'auteurs. Il est donc lui-même visé par le rapport anti-piratage qu'il a remis au gouvernement à la fin de l'année 2007.
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Une visite des rayons de la Fnac
La Fnac commercialiserait donc des DVD ne respectant pas le droit d'auteur. Pour en avoir le coeur net, nous nous sommes rendus sur le site Internet de l'enseigne. Effectivement il y a 10 références de DVD venant de chez WOW :
Comme rien ne nous arrête,
nous nous sommes rendus à la Fnac de la Part-Dieu de Lyon pour constater la présence de ces DVD illégaux en rayon. A peine quelques minutes de recherches ont suffit pour trouver des dizaines d'exemplaires édités par
WOW, nous en avons pris deux en photos au milieu du rayon des DVD musicaux :
La Fnac, en vendant des produits illégaux, se rend complice du trafic lié au piratage.
L'excuse que c'est au fournisseur de montrer les preuves de son honnêteté ne tient pas et celle consistant à légitimer ce fait sous prétexte que d'autres enseignes ont ce genre de pratique est encore pire. En gardant ce schéma de responsabilité, un internaute qui aurait des fichiers illégaux sur son ordinateur pourrait prétexter que c'est le serveur d'où il a téléchargé ces fichiers qui devrait être en cause et, de plus, d'autres internautes font la même chose.
Si la Fnac se dédouane de cette responsabilité, pourquoi un internaute ne le pourrait pas ? D'autant plus que la Fnac en fait le commerce et non un usage privé. Si on suit ce raisonnement, la riposte graduée s'effondre d'elle-même.
Pour en savoir plus sur la
riposte graduée, vous pouvez consulter l'article
en cliquant ici.
Et pour découvrir
le dossier que nous avons consacré à la mission Olivennes, il suffit de
se rendre sur cette page.
Source :
Brève rédigée par Charles P. le 28 Février 2008 à 13h23.