En France, 550 000 foyers n'ont toujours pas le haut débit

Pas de haut débit pour des centaines de milliers de foyers français. Voici un bilan dressé par Paul Champsaur, président de l'ARCEP, lors d'une audition par la Délégation à l?aménagement du territoire de l?Assemblée nationale, le 16 avril 2008.
La France a bien récupéré son retard du début des années 2000 en matière de déploiement ADSL, mais il y a encore beaucoup de travail à faire pour atteindre le 100 % tant espéré par des centaines de milliers de foyers.
Le taux actuel du déploiement de l'ADSL français est à 98,3 %. C'est un très beau chiffre, mais quand on y regarde de plus près, on s'aperçoit qu'il y a encore
550 000 foyers qui ne bénéficient pas du haut débit. C'est un constat qui n'est plus accepté par le président de l'ARCEP,
Paul Champsaur, et il a bien raison car le déploiement actuel de l'ADSL ou de la fibre optique avancent assez lentement.
Il y a deux catégories d'usagers victimes du manque de haut débit.
Tout d'abord, il y a la catégorie des Français qui ne sont tout simplement pas raccordés au réseau ADSL. Pour ces personnes, le seul moyen existant est l'ancestral mode
RTC, l'Internet le plus lent et le plus pénible à vivre de nos jours.
Il y a également la catégorie des gens qui sont déjà raccordés au réseau ADSL, mais étant trop éloignés de leur NRA (central téléphonique), ils ne bénéficient que de
512 kbit/s en liaison descendante (
200 000 foyers concernés). En soit, c'est du haut débit que certains peuvent accepter parce que c'est toujours mieux que rien, mais pour les entreprises ou les professionnels, il est tout à fait inconcevable de ne pas avoir mieux.
Paul Champsaur, le président de l'ARCEP et d'autres professionnels du secteur présents lors de l'audition à l'Assemblée Nationale, accusent l'opérateur historique de ne pas communiquer sur la réalité du déploiement.
En clair,
France Telecom devrait être obligé de fournir des cartes précises de tous les NRA français, indiquant le débit réel possible sur chacun d'entre eux. A ce titre,
Paul Champsaur attend qu'une loi soit promulguée pour que l'opérateur historique soit obligé de fournir de telles cartes.
D'autres solutions pour le haut débit ?
Il y a d'autres technologies qui permettent de compléter la couverture haut débit du territoire à 100 % mais sur ce point les choses évoluent assez lentement.
Il y a le
Wimax ou le
Wi-Fi qui sont utilisés dans quelques communes. C'est une bonne évolution pour bien des zones françaises mais là encore on peut regretter que trop de fois les abonnés ne bénéficient que d'un débit assez moyen (
en moyenne 512 ou 1024 kbit/s).
Le satellite pourrait être une des meilleures solutions alternatives.
Avec le satellite, aucun problème concernant la situation géographique de l'abonné, il suffit d'installer une simple parabole équipée du matériel de réception nécessaire et le tour est joué. En fait, des fournisseurs proposent déjà des offres haut débit par satellite depuis longtemps. Le seul problème de ces offres concerne leurs tarifs très prohibitifs et des débits tirés vers le bas.
Non seulement il faut acheter un kit de connexion assez cher, mais en plus le débit proposé est là encore très minimisé par rapport à ce que pourrait offrir le satellite. Pour comparaison, au Japon, une connexion très haut débit par satellite coûte une trentaine d'euros par mois et le débit proposé est de l'ordre de 1Go par abonné. En France, pour trente euros, on n'a tout juste du 512 Kbit/s, voire du 1024 si le fournisseur est généreux !
A l'évidence, nous pouvons facilement comprendre pourquoi Paul Champsaur n'est pas content de la situation française. Beaucoup de travail reste à faire, et il serait de bon ton que les pouvoirs en place prennent enfin les décisions qui s'imposent.
Pour lire le compte rendu de l'audition de
Paul Champsaur à l'Assemblée Nationale,
cliquez ici.
Source : DegroupNews
Brève rédigée par Patrick E. le 21 Avril 2008 à 16h22.