Le Troll de la semaine : Christine Albanel et ses homologues européens
C?est à un troll collectif que nous nous attaquons cette semaine, mené de main de maître par la ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, qui se sent décidément très bien dans les colonnes de cette rubrique.
La présidence française de l?Union Européenne est l?occasion pour le gouvernement
de briller à l?étranger et
de partager son savoir-faire avec ses partenaires européens, ce dont ne compte pas se priver Christine Albanel.
Ainsi, mardi 22 juillet 2008, cette dernière a convié ses homologues européens à
une réunion informelle à Versailles. On imagine sans mal la joie de la ministre de la Culture et de la Communication de retrouver le cadre enchanteur de la galerie des Glaces et des jardins de Le Nôtre, elle qui a été
présidente de l?établissement public du musée et du domaine national de Versailles.

Il a été question, sous les lambris dorés, d?audiovisuel public, de trafic d??uvres d?art, mais également de
riposte graduée. En effet, Christine Albanel regrette
l?absence de dispositifs de protection du droit d?auteurs dans le cadre réglementaire européen des communications électroniques. Très fière de son idée d?envoyer mails et courriers d?avertissement dans le cadre de la riposte graduée, la ministre de la Culture et de la Communication veut transposer
sa philosophie du message préventif au niveau européen et a proposé à ses homologues d?insérer au Paquet Télécom
l?obligation pour les opérateurs d?informer leurs abonnés sur la nécessité de respecter les droits d?auteurs.
La proposition a dû résonner
de manière bien creuse dans les salles d?apparat du Roi-Soleil. Non seulement, c?est méjuger des capacités mentales des opérateurs : Christine Albanel n'a-t-elle pas vu la mention «
Le piratage nuit à la création artistique » sur leurs sites et leurs brochures ? Mais c?est aussi
une nouvelle infantilisation, non loin des statues du bosquet des Bains d?Apollon, des internautes. Encore une fois, on choisit de
culpabiliser les utilisateurs sur leurs pratiques plutôt que de s?interroger sur
le système économique moribond du CD.
Si peu de
créativité intellectuelle de la part
des responsables de la culture européenne est un crime de lèse-majesté dans ce haut lieu de la création artistique française qu?incarne le château de Versailles.
Brève rédigée par Stéphane C. le 26 Juillet 2008 à 16h12.