Une bibliothèque numérique pour l'Europe à l'automne ?
La numérisation des fonds des bibliothèques européennes est un processus trop lent aux yeux de la Commission européenne. Celle-ci compte donc injecter près de 120 millions d'euros en 2009-2010 pour améliorer l'accessibilité en ligne du patrimoine culturel européen.

La
Commission européenne souhaite inaugurer
Europeana, la bibliothèque numérique européenne, à
l'automne. «
La bibliothèque numérique européenne permettra à tous d'accéder facilement et rapidement, depuis leur pays d'origine ou depuis l'étranger, aux ?uvres artistiques et littéraires européennes. Ainsi, un étudiant tchèque pourra consulter les ouvrages de la British Library sans aller à Londres, tout comme un amateur d'art irlandais pourra admirer la Joconde sans subir les files d'attente du Louvre » s'est enthousiasmée
Viviane Reding, la commissaire européenne en charge de
la Société de l'Information, d'après le communiqué de presse en date du 11août 2008.

Cependant,
ce beau rêve humaniste de partage des savoirs, hérité de
la mythique bibliothèque d'Alexandrie, a de nos jours
un coût économique que tous les Etats membres ne peuvent pas supporter de la même façon. Ainsi, sur les
2,5 milliards de livres que renferment les bibliothèques européennes,
1 % des archives uniquement sont disponibles sous forme numérique.
Ainsi, afin de soutenir les initiatives de nombreux Etats membres,
69 millions d'euros issus du « programme-cadre de recherche » de l'Union européenne seront alloués
aux activités de numérisation et au développement des bibliothèques numériques en 2009-2010. De même,
50 millions d'euros pour l'amélioration de l'accès au contenu culturel européen seront fournis sur la même période par le « programme Compétitivité et innovation ».

Néanmoins, ces quelques
119 millions d'euros ne représentent qu'une goutte d'eau lorsque l'on sait qu'il faudrait environ
225 millions d'euros pour ne numériser que 5 millions d'ouvrages, à quoi il faut encore ajouter les fonds iconographiques et cinématographiques. L'entreprise est titanesque. C'est pourquoi la Commission encourage
les initiatives de coopération entre secteur public et secteur privé ? auxquelles la France, à l'exception notable de Lyon (
voir article), reste très réfractaire. De plus, il faut encore mettre en oeuvre
des normes communes pour parvenir à une compatibilité parfaite des données entre Etats et il convient d'apprendre à chaque pays
à préserver le matériel numérique.
Des progrès sont réalisés, notamment en Slovénie, en Slovaquie, en Finlande ou en Lituanie. Malheureusement, encore trop souvent,
une mauvaise coordination met à mal les efforts consentis. En Allemagne par exemple, un seul des musées qui possèdent du matériel numérique l'a rendu accessible en ligne.
Dans ces conditions, le rêve
d'accès à la connaissance pour tous qui est en germe dans le projet
Europeana mettra encore du temps avant de s'épanouir pleinement.
Source : Degroupnews
Brève rédigée par Stéphane C. le 12 Août 2008 à 16h07.