Viviane Reding contestée par Vodafone
Selon un sondage commandé par Vodafone, le projet de Viviane Reding pour réduire les tarifs de terminaison pratiqués entre opérateurs pourrait inciter 40 000 Européens à délaisser l'usage du mobile.
Viviane Reding a, à de multiples occasions, pris position en faveur d'une baisse des prix pratiqués par les opérateurs mobiles européens, comme l'illustre notamment son combat pour diminuer
les tarifs de roaming (
voir article).

Néanmoins, son dernier cheval de bataille -
la baisse des tarifs de terminaison d'appels mobiles (TAM) - déclenche la colère du britannique
Vodafone. Les tarifs de terminaison sont les frais de connexion au réseau que se facturent les opérateurs entre eux. Dans une interview accordée au
Financial Times en juin, la commissaire européenne accusait ces tarifs de terminaison, qui s'élèvent en moyenne à
8 centimes d'euros par minute, de
distordre la concurrence. En effet, ceux-ci représentent quand même
de 15 à 20 % des revenus des opérateurs.
Or,
Viviane Reding aimerait ramener ces tarifs de terminaison
de 1 à 2 centimes d'euros la minute d'ici à 2012. Afin de parvenir à un tel résultat, la commissaire européenne s'inspirerait
du modèle économique américain et envisagerait d'autoriser les opérateurs
à faire payer leur clients pour chaque appel reçu, en compensation de la baisse des tarifs de terminaison.

Face à une telle éventualité,
Vodafone ne cache pas son inquiétude. En effet, le groupe de téléphonie mobile s'estime perdant sur les deux tableaux. Selon une estimation réalisée en mars par un analyste de chez Morgan Stanley, l'opérateur britannique verrait ses revenus amputés
de 900 millions de livres sterling d'ici à 2012 si les tarifs de terminaison passaient à
2,5 centimes d'euros la minute. Le groupe est donc favorable à une baisse mais contenue aux alentours
de 5 à 6 centimes d'euros la minute.
En outre,
Vodafone pointe du doigt
le caractère inique d'une telle réforme, qui verrait se reporter les charges les plus élevées sur les consommateurs les moins fortunés qui font usage
de formules prépayées. En effet, ceux-ci utilisent généralement plus leur mobile pour être joints que pour appeler.
Enfin, un sondage réalisé par TNS auprès de 9 000 utilisateurs de mobile et commandé par Vodafone révèlerait que
10 % des consommateurs européens (sur un total de 400 000) abandonneraient leur téléphone mobile si le système de facturation changeait en faveur d'un système similaire à celui pratiqué aux Etats-Unis.
Ce sondage n'a cependant qu'une valeur relative et il n'est pas évident que tant d'Européens soient prêts à se séparer de leur mobile, une fois devant le fait accompli. De plus, la réforme voulue par
Viviane Reding est également censée avoir pour but
de lutter contre les ententes entre les opérateurs sur les différents marchés nationaux, qui s'assurent de cette manière un revenu stable et confortable.
Brève rédigée par Stéphane C. le 01 Septembre 2008 à 14h51.