L'ARCEP garde un oeil sur le WiMAX
Les engagements pris autour du déploiement du WiMAX en France sont loin d'être remplis, d'après le premier bilan que tire l'ARCEP de son étude menée durant l'été. Le régulateur a donc décidé de placer les titulaires d'autorisations sous surveillance jusqu'en 2010.
L'état des lieux du WiMAX en France dressé par l'ARCEP est une photographie de la situation du déploiement
au 30 juin 2008, c'est-à-dire avant la cession par
HDRR de 8 de ses licences WiMAX à
Bolloré Télécom (
voir article), et ne tient pas compte de
IFW, la filiale d'Iliad ayant obtenu
l'unique licence nationale.
L'état des lieux au 30 juin 2008 :
L'autorité de régulation s'intéresse
aux titulaires d'autorisations qui portent « sur des fréquences pouvant faire l'objet de cessions sur le marché secondaire ». Ce dispositif a permis
la consolidation de deux tendances depuis le 25 juillet 2006, date de délivrance des autorisations par l'ARCEP :
- les collectivités territoriales titulaires d'une autorisation se sont fragmentées au niveau départemental. En effet, les conseils régionaux ont massivement cédé leurs autorisations aux conseils généraux, portant le nombre d'autorisations accordées à des collectivités territoriales de 6 à 14,
- en parallèle, le marché des opérateurs privés s'est restructuré afin de favoriser l'émergence d'un opérateur quasi national (Bolloré Télécom et ses 20 licences régionales). Le nombre d'opérateurs privés a peu varié passant de 4 à 5.
Les titulaires d'autorisations répartis par régions
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Actuellement,
seules 16 régions bénéficient du déploiement du WiMAX et des offres de service ne sont proposées que
dans 1 département sur 4. Sur 526 sites installés,
516 sont opérationnels. HDRR France et Altitude Wireless, deux des opérateurs privés, ont
quelques milliers de clients raccordés. Par ailleurs,
50 % des collectivités locales titulaires d'autorisations sont engagées dans un projet de déploiement significatif du WiMAX. Enfin,
seuls 3 titulaires, le Conseil Général du Haut-Rhin, le syndicat mixte NiverLAN (Nièvre) et la société Nomotech SAS (Morbihan) ont rempli leurs obligations.
Tableau récapitulatif des déploiements par titulaire au 30 juin 2008
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Tableau des déploiements pour HDRR et Bolloré Télécom à l'issue de la cession
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Les premières offres commerciales développées à l'intention des particuliers proposent des débits descendants de 2 ou de 1 Mb/s pour des débits montants de respectivement 512 et 128 kb/s, au prix de l'Internet haut débit par ADSL, auquel il est parfois possible d'ajouter 10 € pour bénéficier d'un service voix illimité.
En ce qui concerne les offres à destination des entreprises, les débits proposés sont de 4 Mb/s en descendant pour 1 Mb/s en montant ou alors de 8 Mb/s en symétrique.
On est encore
très loin des conditions exigées lors de l'attribution des licences, la majorité des titulaires d'autorisation n'ayant pas honoré la moitié des engagements pris en juillet 2006.
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Les raisons du retard :
Devant une telle déconvenue, l'ARCEP a interrogé les différents acteurs du marché afin de comprendre les raisons de ce retard.
Les causes apparaissent comme étant multiples, néanmoins, la question de l'opérabilité des équipements semble centrale.

En effet,
les industriels ont pris du retard à cause d'un changement de norme. Du WiMAX
802.16d, nous sommes passés au niveau mondial au WiMAX
802.16e, qui permet notamment le nomadisme et de meilleures performances que la norme précédente. Cependant, les équipements à la norme 802.16e n'ont pas atteints une maturité suffisante pour permettre leur exploitation et les équipements à la norme 802.16d
ne sont pas compatibles avec le nouveau WiMAX.
D'autre part, deux utilisations distinctes peuvent être faites de la technologie WiMAX. Il s'agit tout d'abord
de couvrir les zones blanches de l'ADSL. Or, comme le montre le cas de HDRR France, «
un modèle national visant exclusivement la couverture des zones blanches de l?ADSL ne semble pas viable ». De fait, les titulaires d'autorisation qui se sont attelés à l'aménagement du territoire soulignent le rôle primordial des réseaux d'initiative publique en termes d'équilibre économique dans le cadre d'un tel déploiement.
Enfin, ceux qui voyaient dans le WiMAX
l'occasion de devenir FAI sans fil à l'échelle nationale en proposant des services haut débit nomade ? principalement en zone dense ? se heurtent au retard des industriels dans l'équipement des appareils de puces compatibles avec le 802.16e et rentrent en concurrence directe avec la technologie mobile 3G. Là aussi, la survie économique s'avère difficile.
La décision de l'ARCEP :

Consciente du potentiel réel de la technologie WiMAX, notamment en termes
d'aménagement du territoire ou de nomadisme, mais lucide sur
la réalité industrielle et mondiale, l'autorité de régulation nationale a décidé de placer les titulaires d'autorisations
sous surveillance. Elle procédera à un état des lieux
tous les six mois afin d'encourager les détenteurs de licences à persévérer dans leurs investissement
jusqu'en décembre 2010, date de la prochaine échéance d?obligations de déploiement.
L'attitude de l'ARCEP, qui consiste pour le moment à tendre une oreille bienveillante aux desiderata des acteurs du WiMAX en France, pourrait
se durcir et devenir plus menaçante si aucune amélioration n'était constatée lors du prochain bilan.
Source : DegroupNews
Brève rédigée par Stéphane C. le 16 Septembre 2008 à 15h57.