France Télévisions en 2009, et après ?
France Télévisions se verra attribuer une dotation complémentaire afin de compenser la perte d'une partie de ses recettes publicitaires en 2009 mais devra en contrepartie engager un vaste et onéreux chantier de rénovation.
Lors de la présentation de son budget 2009, vendredi 26 septembre, le Ministère de la Culture et de la Communication a fièrement annoncé avoir respecté
ses engagements pris dans les contrats d'objectifs et de moyens (COM) qui le lient aux entreprises audiovisuelles publiques (France Télévisions, Arte, Radio France et l'INA) en augmentant le budget alloué à l'audiovisuel public en 2009 de
85,4 M€, soit
3 % de plus par rapport à 2008, atteignant ainsi la somme de
2 917,4 M€.
Néanmoins, en cette année 2009 placée sous le signe de la révolution télévisuelle voulue par l'Elysée, une attention toute particulière doit être apportée
aux fonds spécifiquement alloués à France Télévisions.

Le groupe audiovisuel public voit son budget augmenté de
2,7 % par rapport à 2008, passant de
1 985,8 M€ à
2 039,1 M€. A ce montant vient s'ajouter
une dotation complémentaire, censée compenser la perte d'une partie des recettes publicitaires du groupe, de
450 M€. Les sommes nécessaires au respect de cet engagement proviendront de
deux sources différentes.
Tout d'abord, la majorité des fonds sera issue de
la redevance audiovisuelle qui sera désormais, comme le souhaitait la Commission Copé,
indexée sur l'inflation. Ainsi, alors qu'il était fixé à 116 € depuis 2002, le montant de la redevance devrait osciller
entre 118 et 119 € en 2009, ce qui représentera une recette totale de
2 509,7 M€ dont
68,1 % iront à France Télévisions.
En outre, le gouvernement devrait mettre en place, comme prévu depuis le 25 juin,
deux nouvelles taxes : l'une de
3 % sur les recettes publicitaires
des chaînes de télévision privées et l'autre de
0,9 % sur les services fournis par
les opérateurs de communications électroniques (
voir article).

L'argent ainsi récolté devrait permettre à France Télévisions de
compenser les pertes de recettes publicitaires qu'entraînera l'arrêt de la publicité sur ses antennes, dès janvier 2009,
entre 20h et 6h du matin, avant la suppression totale de la publicité prévue pour 2012. Les décrochages régionaux de France 3, les sites Internet du groupe et RFO (dans un premier temps) ne seront pas concernés par cette mesure.
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Cependant, la suppression progressive de la publicité n'est pas la seule contrepartie à laquelle France Télévisions devra consentir en échange de la dotation complémentaire de 450 M€. En effet, le groupe audiovisuel public devra devenir
une entreprise unique, afin de «
créer des synergies » et de «
moderniser la gestion du groupe ».
De plus, France Télévisions doit se transformer en «
média global », c'est-à-dire qu'il doit favoriser la diffusion de ses contenus sur «
les différents supports de l'ère numérique ». Pour cela, le groupe dispose de plusieurs atouts dont notamment
la diffusion de France 2 en haute définition sur la TNT prévue dès la fin du mois d'octobre (
voir article), l'arrivée de France 2 et France 3 sur
la télévision mobile personnelle (
voir article) ou encore
le lancement de nouveaux services sur Internet (nouvelle offre jeunesse, développement du portail d'information ?
voir article - et de l'offre culturelle et régionale de France 3).

Enfin, le groupe devra continuer à
investir dans la création audiovisuelle et cinématographique française et européenne, tout en encourageant
l'innovation du point de vue de l'écriture et des formats des programmes et en renforçant la diffusion de
programmes culturels (théâtre, spectacle vivant, documentaires ...).
Les exigences du gouvernement sont grandes en matière de télévision publique mais les ressources mises à disposition apparaissent bien maigres. En effet, si le budget est bouclé pour 2009 ? bien que la CGT l'estime insuffisant -
l'avenir reste toujours incertain pour la période 2009-2011 pour laquelle le gouvernement et France Télévisions sont en discussion. La question devrait être abordée en Conseil des ministres
le 22 octobre prochain.

Cependant, il faut encore pour cela que les textes soient étudiés
par le Conseil constitutionnel. Le gouvernement pourrait présenter
deux textes distincts : l'un portant
sur la suppression de la publicité qui ne devrait soulever aucun problème et l'autre s'intéressant notamment
à la question de la nomination du PDG de France Télévisions. En effet, Nicolas Sarkozy avait dit son désir que le président de la télévision publique soit nommé
directement par l'exécutif (
voir article). Or, les sages de la rue de Montpensier pourraient se montrer hostiles à
cette mesure d'un autre âge.
Brève rédigée par Stéphane C. le 29 Septembre 2008 à 15h06.