Licence 3G et FTTH : les deux Arlésiennes de Free
Bien que la licence mobile tant convoitée ne soit toujours pas acquise et alors que le déploiement du FTTH patine, Maxime Lombardini, directeur général de Free, se montre confiant dans l'avenir de l'opérateur.

Concernant
le prochain appel à candidature en vue de l'attribution de la quatrième licence 3G, qui devrait avoir lieu début 2009,
Free confirme qu'il sera bien présent
au rang des prétendants. La décision du gouvernement de ne pas accorder de préférence à
un éventuel nouvel entrant sur le marché de la téléphonie mobile ne semble donc pas avoir ébranlé l'espoir de
Free (
voir article).
Lombardini maintient en effet que l'opérateur, célèbre pour avoir fait de
l'abonnement ADSL triple play à une trentaine d'euros par mois la norme, proposera une offre mobile
moitié moins chère que celles de ses concurrents s'il parvient à obtenir tout ou partie de la quatrième licence 3G.

Au passage, le directeur général de
Free égratigne les MVNO ? dans lesquels l'ARCEP et le gouvernement mettent pourtant beaucoup d'espoir (
voir article). Maxime Lombardini estime effectivement que les opérateurs virtuels sont «
en mort clinique » et qu'ils ne sauraient être
garants de la concurrence du marché du mobile.
En outre, il se réjouit de l'annonce faite par l'ARCEP de
la baisse des tarifs de terminaisons d'appel mobile (
voir article), voyant là une opportunité pour
Free de proposer à terme
des appels vers les mobiles dans son forfait illimité.

Au sujet de
la fibre optique,
Maxime Lombardini insiste sur le fait que
Free a décidé d'investir
pas moins d'un milliard d'euros d'ici à 2012 dans cette technologie qualifiée de «
superbe projet ». Néanmoins, l'attitude récente de l'opérateur par rapport à
l'accord conclu entre Orange et SFR paraît être en contradiction avec de tels propos.
Free s'indigne de l'entente entre ses concurrents mais refuse par ailleurs de s'allier à eux pour réaliser
des tests mono et multi-fibre grandeur nature (
voir article).
Selon le directeur général, si
Free prend son temps, c'est avant tout pour éviter que ne se crée
une nouvelle situation monopolistique, à l'instar de ce qui existe avec le réseau cuivre. Cependant, le blocage actuel, loin d'apporter des solutions concrètes, pénalise le consommateur, son seul intérêt étant
de retarder les échéances d'investissement des opérateurs.
Enfin, concernant
la taxe de financement de l'audiovisuel public de 0,9 % sur les services fournis par les opérateurs de communications électroniques,
Free menace, à l'instar de
SFR, de la répercuter
sur le prix des abonnements (
voir article).

Ainsi, cette interview est surtout le moyen pour
Free d'entretenir son image low-cost. En période de crise, le gouvernement pourrait être
sensible à cet argument lors de l'attribution de
la quatrième licence 3G. En revanche,
l'absence d'engagement concret à propos du FTTH laisse présumer des heures bien sombres pour le
très haut débit. En refusant d'endosser sa part de responsabilité,
Free risque plus de susciter un monopole ? voire un duopole ? que de le combattre.
Brève rédigée par Stéphane C. le 04 Décembre 2008 à 16h19.