L'Internet mobile ne bouge plus et le téléphone fixe explose
L'enquête 2008 du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (CREDOC) sur la diffusion des technologies de l'information et de la communication dans la société française réalisée pour l'ARCEP vient d'être rendue publique.
L'une des grandes tendances qui se dégage de cette étude est
la place de plus en plus importante prise par Internet. Ainsi,
69 % des Français sont équipés d'un ordinateur à la maison et
61 % ont un accès Internet à domicile, ce qui représente une hausse de 6 points par rapport à l'année passée.

Néanmoins, cette évolution ne se fait
pas de manière homogène sur l'ensemble de la population.
Les retraités (26 % à avoir une connexion Internet à la maison),
les non-diplômés (27 %) et
les ménages les plus modestes (34 %) sont nettement moins connectés que
les cadres (88 %),
les étudiants (86 %),
les 12-17 ans (89 %) et
les hauts revenus (91 %). Il existe donc bien un
« fossé numérique » persistant au sein de la société, dont
l'âge et la catégorie socio-professionnelle sont des constituantes importantes.
Par rapport aux autres pays développés, la France occupe cependant
une place médiane. Cet intérêt pour Internet a
des conséquences sur d'autres secteurs des télécommunications. En trois ans,
14 millions de personnes supplémentaires se sont abonnées à une offre « box ».
Ainsi,
l'e-commerce,
les services administratifs en ligne,
le téléchargement de musique et de films,
la création de pages personnelles et de blogs et
la recherche d'emploi en ligne sont des pratiques de plus en plus courantes dans la société française.

Cette progression a également entraîné
un phénomène propre à la France :
la téléphonie fixe, dont les chiffres s'érodaient depuis le boum du mobile dans les années 90,
est repartie à la hausse. 85 % des adultes disposent actuellement d'une ligne fixe, ce qui représente 2 points de plus qu'en 2007.
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Si Internet est
un moteur efficace de la téléphonie fixe, le mobile n'est en revanche pas la meilleure vitrine du net. L'étude constate en effet que depuis cinq ans,
l'accès à Internet via un téléphone mobile ne décolle pas. Seuls
6 % des possesseurs de téléphone mobile l'utilisent
pour naviguer sur le web,
6 % pour consulter leurs mails et seulement
2 % pour regarder la télévision.
Cette stagnation,
imputable en partie au coût de telles pratiques, correspond cependant mal au goût des Français
pour les équipements nomades types ordinateurs portables, téléphones mobiles et lecteurs MP3. L'attrait pour ces machines ne s'accompagne bizarrement pas d'une plus grande utilisation de l'Internet mobile, qu'il s'agisse de connexions en Wi-Fi ou d'abonnements mobiles spécifiques.

Ainsi, sur l'année 2008,
16 % de la population s'est connecté à Internet en mobilité dont
11 % depuis un ordinateur mis à disposition,
5 % depuis son téléphone mobile et
6 % en Wi-Fi depuis un hotspot public ou grâce à un abonnement mobile (
voir article).
Il semble donc bien que des efforts soient à faire, de la part des opérateurs téléphoniques notamment,
en matière d'offres de haut débit mobile. La réponse que sont censés apporter
la TMP et les services interactifs qui lui sont liés n'offre pas de perspective particulièrement réjouissante (
voir article).

Il ressort donc de cette étude que
la commercialisation massive en France d'offres triple play dessine
un paysage numérique atypique. En explosant, l'accès à Internet entraîne avec lui la téléphonie fixe, pourtant en recul au profit du mobile dans les pays développés. De plus,
la télévision, avec la TNT et la TVIP notamment, mais aussi grâce
aux offres délinéarisées (VoD, catch-up TV, time shifting) entre dans
une période de profondes mutations.
L'environnement numérique des Français est indéniablement en train de se métamorphoser. Reste à espérer un décollage rapide du
très haut débit pour soutenir ces nouvelles habitudes de consommation.
Source : DegroupNews
Brève rédigée par Stéphane C. le 12 Décembre 2008 à 16h55.