YouTube : les majors passent à l'offensive
Warner Music, EMI, Universal Music et Sony BMG chercheraient une alternative à YouTube, le site de partage de vidéos de Google.
L'échec d'un nouvel accord entre Warner Music et YouTube, qui a poussé la maison de disque à demander
le retrait de toutes ses vidéos du site de partage, pourrait n'être que la première secousse avant le grand séisme.
En effet, le Financial Times rapporte que les majors de la musique seraient en train de réfléchir aux divers moyens d'augmenter leurs bénéficies issus du numérique
.
Warner Music,
EMI et
Universal Music ont connu en 2008
une hausse de leur revenus numériques, mais celle-ci ne serait pas encore suffisante
pour compenser l'écroulement des ventes de CD.
Ainsi, deux majors, qui souhaitent rester anonymes, ont confié au journal économique anglais qu'elles étaient
en discussion avec Hulu, site américain de vidéos en streaming appartenant à
NBC Universal et à
News Corp, afin de mettre sur pied
un partenariat pour la diffusion des clips. Une telle initiative créerait une sérieuse concurrence pour
YouTube.
Les analystes estiment en effet les revenus publicitaires de
Hulu sur le marché américain en 2008 à
70 millions de dollars, contre
100 millions pour ceux de
YouTube. Un accord avec les majors pourrait permettre à
Hulu de jouer d'égal à égal avec la filiale de
Google.
En outre, une section « premium » pourrait être créée sur YouTube, offrant un service de meilleure qualité, grâce notamment à la haute définition, et permettant ainsi aux majors de tirer de plus grands bénéfices de la diffusion de leurs vidéos
.

Enfin, une dernière option serait à l'étude : la création d'un site de vidéos commun aux quatre majors
. Si un tel site était créé, cela serait
un réel coup dur pour YouTube, puisque les accords le liant encore à
Universal Music - 3 millions de vidéos visionnées en 2007 - , à
EMI ou à
Sony BMG pourraient sérieusement être remis en cause.
Quelle que soit l'option choisie, les majors sont visiblement décidées à
faire jouer la concurrence pour augmenter
leurs bénéfices numériques, seul secteur dans lequel une croissance est raisonnablement envisageable. Dans de telles conditions,
l'équilibre financier souhaité par Google pour YouTube risque d'être difficile à atteindre.
Article rédigée par Stéphane C. le 02 Janvier 2009 à 12h28.