La SACEM libre d'identifier les adresses IP ?
La justice pose la question du statut de l'adresse IP : s'agit-il ou non d'une donnée personnelle ?
En 2005, un internaute était poursuivi par la
SACEM pour «
contrefaçon par reproduction d'une oeuvre de l'esprit au mépris des droits d'auteur ». L'agent assermenté de la société des auteurs était remonté
manuellement jusqu'à l'adresse IP de l'internaute à partir d'un site de peer-to-peer. La gendarmerie avait ensuite exigé du FAI qu'il livre l'identité de l'abonné.
Or, l'accusé avait fait valoir devant la Cour d'appel de Rennes que la SACEM n'avait pas demandé
d'autorisation préalable à la CNIL pour identifier son adresse IP et avait obtenu gain de cause.

C'est ce dernier jugement que vient de casser la Cour de cassation, renvoyant l'affaire devant la Cour d'appel de Paris. En effet, selon la haute instance judiciaire, si le soupçon pèse sur un internaute,
un agent assermenté de la SACEM est autorisé à rechercher son adresse IP, s'il le fait
manuellement et non pas à l'aide d'un système automatisé,
sans l'accord préalable de la CNIL.
Ainsi, l'adresse IP, qui constitue en quelque sorte
la carte d'identité de l'internaute sur le net, n'est pas considérée comme une donnée personnelle par la Cour de cassation.
Il appartient désormais à la Cour d'appel de Paris de confirmer ou d'infirmer cette décision et
de statuer définitivement sur le caractère personnel ou non de l'adresse IP.
Si l'avis de la Cour de cassation était suivi, cela faciliterait
les poursuites des ayants-droit à l'encontre des internautes suspectés de téléchargement illégal. Néanmoins,
le garde-fou que peut représenter
la CNIL, face à une procédure abusive, n'existerait plus.
Brève rédigée par Stéphane C. le 13 Février 2009 à 11h32.