Filtrage du net : Free est le seul à dire non au Président
Alors que les membres de la FFT (Fédération Française des Télécoms) ont accepté de filtrer le net sur demande du gouvernement, au nom de la lutte contre la pédopornographie, seul Free ose tenir tête à la volonté présidentielle.
Lors d'une réunion à l'Elysée en présence d'associations familiales,
Nicolas Sarkozy, reprenant
le cheval de bataille de Nadine Morano, a déclaré vouloir établir
une liste noire des sites pédopornographiques à faire bloquer par les FAI : «
Je souhaite que les fournisseurs d'accès bloquent les sites pédopornographiques et illégaux » qui seraient «
recensés sur une liste noire ».

Dans la foulée de ce discours présidentiel,
Yves Le Mouël, directeur général de la
FFT, qui regroupe
Orange,
SFR,
Bouygues Telecom et
Numericable, a déclaré à l'AFP : «
Nous sommes parfaitement d'accord avec cette démarche, que l'on accompagne et sur laquelle on travaille avec le ministère de l'Intérieur et le secrétariat d'Etat à la Famille ». Il a par ailleurs ajouté : «
Les opérateurs sont décidés à bloquer ces sites pédopornographiques. On veut lutter contre cette forme de criminalité sur le net ».
Le principe même de
neutralité du net se trouve donc foulé du pied sans autre forme de débat. Seules
les conditions financières de la mise en place de ce filtrage pose question aux membres de la
FFT qui se disent néanmoins prêts à mettre la main à la poche s'il ne s'agit que de «
quelques milliers ou centaines de milliers d'euros ».
Seul
Iliad, maison-mère de
Free,
qui a quitté la FFT en décembre dernier, rejette l'idée de bloquer l'accès à certains sites Internet.
Maintenant que le gouvernement a le champ libre pour mettre en place
un filtrage du net,
inspiré de l'expérience australienne, restent à définir les modalités d'application de cette surveillance.
Le Ministère de l'Intérieur et le Secrétariat d'Etat à la Famille devraient conjointement
dresser la fameuse blacklist. Cependant, y aura-t-il
un contrôle extérieur excercé sur l'établissement de cette liste ?
La commission des contenus de la FFT en aura-t-elle la charge ? Les sites répertoriés auront-ils la possibilité
de contester cet état de fait ?
Cette disposition pourrait venir se greffer au projet de loi «
Création et Internet » examiné le 4 mars à l'Assemblée Nationale. Il n'est pas certain que cela arrange les affaires de la ministre de la Culture et de la Communication.
Source :
Brève rédigée par Stéphane C. le 16 Février 2009 à 17h42.