Création et Internet : partir pour mieux revenir ?
Le gouvernement n'a visiblement jamais été aussi sourd dans le vote d'une loi. Le texte, qui vient d'être rejeté par les députés, devrait faire l'objet d'un nouveau vote dans quelques semaines. L'entêtement se transforme en acharnement.
Nous pensions que cela serait le désaveu de trop pour Christine Albanel et son projet de loi. Après s'être attirée les foudres de diverses institutions, des internautes, la ministre a provoqué l'effritement de sa propre majorité
jusqu'au rejet du texte par l'Assemblée.

La loi
Création et Internet n'a jamais fait l'unanimité dans les rangs de l'UMP. Si les membres du gouvernement ont essayé d'imposer coûte que coûte un texte très controversé à grand renfort de médiatisation, de sites publicitaires,
il faut avouer que de nombreux députés de la majorité ne montrent pas un vif enthousiasme vis-à-vis de la riposte graduée.
Et ce qui devait arriver arriva :
la majorité fut en minorité au moment du vote du texte issu de la commission mixte paritaire. Un coup dur supplémentaire pour Christine Albanel. En témoigne son départ rapide de l'hémicycle après le rejet du texte pendant que les députés opposés au texte applaudissent :
La vidéo est disponible sur cette page :
http://www.wat.tv/video/rejet-hadopi-en-live-1ev8i_p6ln_.html
Mais que va devenir le texte maintenant qu'il a emprunté cette voie ? Apparemment, il est fort probable que le projet de loi soit réexaminé.
Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux Relations avec le parlement, précise que
« ce vote retarde l'adoption du texte, ça ne le bloque pas ».
Même constat du côté de
Lionel Tardy, député UMP qui s'est opposé au texte, qui prévoit un nouvel examen. Mais la partie ne sera pas plus facile pour le gouvernement. Dans les colonnes de
L'Express.fr, le député estime que
« le réexamen n'aura pas lieu avant mai, nous n'avons pas le temps de le faire avant. Nous serons alors à quelques semaines des européennes. Le gouvernement sera-t-il prêt à rouvrir le débat sur un texte peu apprécié de l'opinion publique en pleine période de campagne? C'est la vraie question. »
S'il n'y a aucun doute sur l'inefficacité du texte et sur les difficultés de son application, le gouvernement cherche surtout à ne pas perdre la face après avoir claironné un peu partout que seule sa méthode était la bonne. Un exemple des limites de la méthode Coué ?
Source : DegroupNews
Brève rédigée par Charles P. le 09 Avril 2009 à 18h06.