Le passage au tout-numérique inquiète l'AVICCA
L'AVICCA s'est réunie le 25 mars dernier en assemblée générale. A cette occasion, l'association a émis des doutes sur les modalités du passage au tout-numérique telles qu'elles sont actuellement appliquées.
Le président de groupement d'intérêt public
France Télé Numérique n'est pas le seul à trouver
le calendrier du passage au tout-numérique mal ficelé. L'
Association des Villes et des Collectivités pour les Communications électroniques et l'Audiovisuel s'est également penchée sur la question lors de son assemblée générale du 25 mars dernier.
Selon elle, les problèmes de diffusion qui risquent de découler de l'abandon du signal analogique dans certaines zones du territoire n'ont pas été anticipés. Ainsi, le CSA n'a pas publié, comme il le devait,
de carte de couverture finale de la TNT, ce qui empêche toute initiative - individuelle ou collective - visant à rechercher
des solutions alternatives dans les futures zones blanches.

Or, la couverture de certains départements ne sera assuré qu'à
91 %. Une aide financière a été mise en place pour que les foyers exonérés de la redevance puissent acquérir un équipement de TV par satellite. L'
AVICCA souhaiterait néanmoins que
cette aide soit étendue aux foyers à faibles revenus non exonérés de la redevance. En effet, faute d'aide financière, une partie de la population pourrait se trouver privée d'un service utilisé quotidiennement.
Une nouvelle fracture numérique, aux côtés de celle du haut débit, pourrait alors voir le jour. L'association fait d'ailleurs une distinction entre le fait de ne pas bénéficier du service le plus performant (comme cela est le cas dans les zones blanches de l'ADSL) et
le fait de ne plus bénéficier de service du tout (comme cela risque d'être le cas lors de l'extinction du signal analogique). Dans les villes de moins de 2 000 habitants,
un foyer sur deux ne bénéficie de la télévision que grâce à l'hertzien terrestre.
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En outre, l'
AVICCA regrette que le satellite soit
la seule solution numérique alternative envisagée, alors même qu'il existe des zones d'ombre du satellite, notamment en fonds de vallée. Selon l'association, toutes les ressources de la télévision numérique (ADSL, câble, satellite) devraient être exploitées afin d'assurer
une couverture maximale du territoire.

Enfin, à l'instar du président de
France Télé Numérique, l'
AVICCA s'interroge sur
les délais du basculement technologique. Alors que les phases initiales du processus ont pris
18 mois de retard, la date butoir du passage au tout-numérique, fixée au 30 novembre 2011, est restée la même. Ce calendrier serré fait craindre à l'
AVICCA que les collectivités territoriales qui, grâce à la loi de modernisation de l'économie, peuvent demander au CSA la ressource radioélectrique nécessaire dans les zones non couvertes, soient prises de court.
Globalement, l'
AVICCA profite du peu d'avancement du basculement technologique pour attirer l'attention des pouvoirs publics sur
le manque d'anticipation du projet. Avec
une visibilité nulle des futures zones blanches de la TNT, les problèmes de réception risquent de n'apparaître
qu'une fois le signal analogique abandonné. Des foyers se retrouveront alors privés de télévision le temps pour les collectivités locales de mettre en place des solutions alternatives.

Cela pourrait donc faire émerger
une nouvelle fracture numérique : les foyers les plus aisés investiront à titre individuel dans des solutions alternatives alors que les foyers à faibles revenus seront contraints d'attendre sans aucune solution de repli. Or, il est difficilement concevable que l'Etat se satisfasse d'une telle situation. Encore une fois,
la sagacité de l'AVICCA pourrait s'avérer salutaire.
Source : DegroupNews
Brève rédigée par Stéphane C. le 14 Avril 2009 à 11h26.