NKM se penche sur l'offre légale de téléchargement
Nathalie Kosciusko-Morizet inaugure un cycle de rencontres autour de l'offre musicale légale sur Internet, organisé par le magazine SVM, réunissant opérateurs, sites musicaux et plateformes de téléchargement.
Ayant payé durement son opposition à la doxa gouvernementale lorsqu'elle était en charge de l'Ecologie,
Nathalie Kosciusko-Morizet, désormais secrétaire d'Etat au développement de l'économie numérique, a su rester
en marge des débats autour du projet de loi Création et Internet.
Néanmoins, la secrétaire d'Etat a accepté d'inaugurer mardi 14 avril, cinq jours après le rejet du fameux projet de loi par les députés,
le cycle de cinq conférences organisé par le magazine SVM ayant pour intitulé : «
Internet POUR la création musicale ».

Réunissant des représentants d'
Orange, de
Free et de
SFR, du site d'écoute en streaming
Deezer, ou encore des plateformes de téléchargement de
Virgin et de
la Fnac, cette rencontre a pour but de réfléchir à l'élaboration d' «
offres légales libérées de toute contrainte » et de permettre
l'émergence du marché légal de la musique en ligne.
A l'heure où
l'entreprise répressive de Création et Internet monopolise tout le débat, reléguant au rang de pirate toute voix contestataire, l'initiative du magazine
SVM a le mérite d'occuper un terrain laissé en friche par
Christine Albanel et les défenseurs de la riposte graduée :
la réflexion autour de l'offre légale de téléchargement et de ses divers modèles économiques.

Sonnant comme le coup de grâce porté à un texte législatif anachronique,
les propos de Nathalie Kosciusko-Morizet lors de l'ouverture de la première conférence pourraient annoncer
une nouvelle ère des rapports entre internautes et pouvoirs publics. Selon la secrétaire d'Etat, «
l'offre légale est quand même faible, elle peut être décevante en quantité [...]
et n'est pas forcément construite pour attirer de manière intuitive les internautes ».
Sans constituer une véritable révolution,
cet aveu de l'inadéquation entre l'offre et la demande pourrait bien marquer la véritable naissance de
Nathalie Kosciusko-Morizet à l'économie numérique. Celle qui essuyait il y a peu encore
les reproches des dirigeants de Dailymotion semble enfin avoir trouvé sa voie et le moyen d'exister face aux
Lefebvre,
Morano,
Alliot-Marie et autres
Albanel qui vampirisaient jusqu'à présent les débats autour d'Internet.
Gageons que l'Elysée laissera à la jeune secrétaire d'Etat toute
la latitude nécessaire pour retrouver
l'adhésion des internautes et
bâtir un consensus autour de la culture en ligne.
Brève rédigée par Stéphane C. le 14 Avril 2009 à 16h45.