Bruxelles cherche à protéger les données personnelles
La diffusion immodérée des données personnelles des internautes n'est pas une conséquence inéluctable du développement de l'économie numérique ! C'est en substance la teneur du message de Viviane Reding.
Nous évoquions à la fin du mois de mars l'initiative de la commissaire européenne en charge de la Société de l'Information. Celle-ci a en effet pris la décision de
s'adresser chaque semaine aux internautes par le biais d'un message vidéo.
Cette semaine,
l'allocution de Viviane Reding avait pour sujet
la protection des données personnelles dans l'ère du tout-numérique. La commissaire européenne s'inquiète particulièrement des éventuelles dérives liées à trois pratiques clairement identifiées :
les réseaux sociaux sur le net, le recours à
la publicité comportementale et l'utilisation de
puces RFID.

Les sites de
social networking étaient déjà au coeur des préoccupations de la Commission européenne lors du «
Safer Internet Day 2009 ». Si
Viviane Reding s'inquiète de
l'utilisation qu'il peut être faite sur ce genre de sites des données personnelles des internautes, elle pointe plus particulièrement du doigt
le manque de vigilance dont il est fait preuve à l'égard
des profils des plus jeunes utilisateurs.

Ainsi, réitère-t-elle sa demande que les profils des mineurs soient, par défaut,
d'accès restreint et qu'ils n'apparaissent pas
dans les résultats des moteurs de recherche.
Viviane Reding se dit par ailleurs prête à établir elle-même les règles
si les sites concernés sont incapables de s'auto-réguler.
En outre, la commissaire européenne est très préoccupée par
la publicité comportementale. Son principe est simple : les habitudes de l'internaute sur le net sont enregistrées et décortiquées
afin de lui proposer une publicité la plus ciblée possible.
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Alors que la Commission européenne a épinglé
le Royaume-Uni à ce sujet en début de semaine,
Viviane Reding s'est montrée intransigeante : les informations sur une personne ne peuvent être recueillies
qu'avec son accord explicite et l'Europe ne saurait transiger avec cette règle
au nom d'intérêts commerciaux.
Enfin,
Viviane Reding soulève la question de
la prolifération des puces RFID, dans le cadre du développement de
l'Internet des objets. En effet, à terme, de plus en plus d'objets vont être équipés de ces puces qui permettent aux objets de « communiquer » entre eux.

Néanmoins, selon la commissaire européenne, les Européens devront être informés de l'utilisation qui est faite de ces puces et devront être capables
de les retirer ou de les éteindre à n'importe quel moment. Autrement dit, il n'est pas question que les objets prennent le contrôle.
Au final,
Viviane Reding réaffirme dans ce message vidéo
la position qui est celle de la Commission européenne à l'égard de la protection des données personnelles : les Européens jouissent de règles strictes qui minimisent les risques de dérive et Bruxelles se montrera intransigeant envers ceux qui tenteront de bafouer ces lois.

Cependant, il semble nécessaire à
Viviane Reding (photo ci-contre) de redéfinir, à l'aune des nouvelles technologies, ces règles européennes,
qui datent déjà de 1995. Il s'agit là selon elle
d'un des défis de la prochaine Commission européenne, qui verra le jour à la suite des élections de juin. Est-ce une manière détournée de nous dire qu'elle souhaite y prendre part ?
Source : DegroupNews
Article rédigée par Stéphane C. le 16 Avril 2009 à 14h13.