Hadopi : quand TF1 subit la pression du gouvernement ?
Coïncidence ou triste exemple des manoeuvres du Ministère de la Culture pour faire passer un projet de loi ? Un employé de TF1 aurait été licencié après avoir manifesté son opposition à l'Hadopi dans un mail adressé à Françoise de Panafieu, députée UMP.
Le projet de loi Création et Internet a du plomb dans l'aile.
Les voix s'élèvent de plus en plus contre la mise en place de l'Hadopi mais, malheureusement, les pressions du gouvernement pour faire adopter le texte ne semblent plus connaître de limites. Jérôme Bourreau-Guggenheim viendrait d'en faire les frais.
Cet employé du groupe TF1, occupant les fonctions de responsable du pôle innovation web,
a été licencié pour avoir osé critiquer ouvertement le projet de loi Création et Internet. Comment cela est-il possible ? Retraçons l'histoire depuis le début.

Se sentant concerné par le projet de loi,
Jérôme Bourreau-Guggenheim décide d'écrire un mail à la députée UMP Françoise de Panafieu pour exprimer son opposition à la riposte graduée. Rappelons que tout citoyen a le droit de communiquer avec son député, puisque sa fonction est justement de représenter les citoyens.
Seulement, Françoise de Panafieu aurait transmis ces critiques au Ministère de la Culture. Jusque là, cela peut paraître normal également que le gouvernement prenne conscience des critiques de son projet de loi par la voie des représentants du peuple.
Mais l'affaire prend une tournure plutôt inquiétante quand le
Ministère de la Culture, sûrement animé par une paranoïa grandissante après
les différents échecs essuyés par le projet de loi, décide de
transmettre ces critiques à TF1, employeur de Jérôme Bourreau-Guggenheim.
Curieusement, ce dernier est invité à prendre la porte par la direction pour cause de
« divergence forte avec la stratégie » de l'entreprise. Le Ministère de Christine Albanel aurait-il clairement fait pression sur la chaîne ? TF1 a-t-elle décidé elle-même de virer ce salarié par
« principe de précaution » ?

Toujours est-il que ce licenciement pose de nombreuses interrogations sur les dommages collatéraux provoqués par une ministre entêtée à faire adopter
un projet de loi controversé, jugé inefficace et que beaucoup estiment dangereux. Moralité : si vous tenez à votre emploi, oubliez vos droits de citoyen.
Brève rédigée par Charles P. le 07 Mai 2009 à 11h13.