Taxer les FAI pour sauver la presse écrite ?
Après la taxe sur les opérateurs de télécommunications pour financer le service audiovisuel public, le quotidien Libération émet l'hypothèse de créer une nouvelle taxe sur les FAI afin de venir en aide à la presse écrite.
Il ne fait visiblement pas bon être
un média en plein essor. Internet suscite toutes les convoitises et éveille les jalousies les plus diverses. Ainsi, chacun réclame sa part du butin, sans craindre
de tuer la poule aux oeufs d'or.
C'est, tout d'abord,
l'industrie musicale qui, incapable de s'adapter aux nouveaux modes de consommation, a tenté une opération de verrouillage du net, en collaboration avec le gouvernement, grâce à
la loi Création et Internet.
Ensuite,
une taxe équivalente à 0,9 % des revenus des opérateurs de télécommunications a fait son apparition
pour financer l'audiovisuel public, pour lequel le Président de la République a décrété l'arrêt de la publicité.

A présent, la co-gérante de
Libération,
Nathalie Collin, avance l'idée d'
une nouvelle taxe sur les FAI afin de subvenir aux besoins de la presse écrite, qui traverse une crise sans précédent. Selon elle, il s'agirait d'une «
répartition », la recherche d'actualité sur le net générant «
un trafic considérable qui génère de la publicité et qui génère de l'argent pour les fournisseurs d'accès ».
Cette nouvelle hypothèse met surtout à jour
l'incapacité de la presse française à trouver un modèle économique viable sur Internet. En effet, seul
Le Monde, dont la consultation des archives est payante, est rentable en version numérique.
Les FAI, qui s'étaient déjà montrés hostiles
à la taxe pour l'audiovisuel public, ne devraient guère apprécier cette nouvelle trouvaille. Le dynamisme d'Internet en France repose en grande partie
sur les prix relativement bas des offres triple-play. A trop vouloir charger la mule, celle-ci pourrait finir par s'essouffler.

Les
fournisseurs de tuyaux que sont les FAI n'ont pas vocation à financer toutes les industries en perte de vitesse. Le véritable enjeu économique, aussi bien pour la musique, que pour la télévision ou la presse, repose sur
les contenus. C'est sur
l'innovation numérique que ces secteurs doivent miser plutôt que sur
l'asphyxie des moyens de communication.
Brève rédigée par Stéphane C. le 05 Juin 2009 à 10h36.