TF1-Hadopi : Bourreau-Guggenheim ne désarme pas
Jérôme Bourreau-Guggenheim, qui a perdu son poste de responsable du pôle innovation Web de TF1 pour avoir manifesté son hostilité à la loi Création et Internet auprès de sa députée, a décidé de porter plainte contre le puissant groupe audiovisuel.
Déjà engagé dans un combat judiciaire contre TF1 devant les prud'hommes,
Jérôme Bourreau-Guggenheim souhaite un procès pour l'exemple.
Le jeune homme, ancien responsable du
pôle innovation Web de TF1, a été
licencié après avoir émis des critiques contre la loi Hadopi auprès de sa députée,
Françoise de Panafieu.

Cette dernière avait en effet fait suivre le mail de
Bourreau-Guggenheim au Ministère de la Culture,
qui l'avait ensuite transféré à la direction de TF1, entraînant le licenciement du jeune homme. Rapidement, l'employé du Ministère qui était intervenu auprès du groupe audiovisuel a été identifié : il s'agit de
Chrsitophe Tardieu, directeur adjoint du cabinet de la ministre de l'époque,
Christine Albanel.
Malgré l'ampleur du scandale ? un haut fonctionnaire intervenant auprès d'un puissant groupe de médias pour obtenir la tête d'un employé ?
Christophe Tardieu a bénéficié de
la très grande clémence de la ministre.
En outre, TF1 n'a pas cherché à cacher
la connivence entre politique et médias, considérant la prise de position de
Bourreau-Guggenheim «
comme un acte d?opposition à la stratégie du groupe TF1 dont l?adoption de ce projet de loi est un enjeu fort ». C'est cela qui pousse aujourd'hui le jeune homme a porté plainte pour «
discrimination en raison des opinions politiques ».

Tel un
Don Quichotte des temps modernes, face à une nouvelle sorte de moulins à vent,
Jérôme Bourreau-Guggenheim (photo ci-contre) entend dénoncer haut et fort «
un système de connivence que tout le monde réprouve mais qui, au final, ne choque plus ».
Si le dessein est noble, la tâche n'en est pas moins difficile, tant le groupe audiovisuel de
Martin Bouygues est puissant. Pourtant,
Bourreau-Guggenheim ne désarme pas : «
déclencher un débat sur l?influence d?un média sur la société, ça va au-delà de mon histoire, je ne suis que le transmetteur ».
Ce sens du sacrifice, teinté d'idéalisme, pourrait prêter à sourire, si l'affaire était plus légère et ne bénéficiait pas
du silence complice de la quasi totalité des médias télévisuels du pays. Espérons en outre que le nouveau ministre de la Culture et de la Communication aura le tact de faire un peu de ménage parmi ses collaborateurs.
Brève rédigée par Stéphane C. le 02 Juillet 2009 à 11h44.