Les opérateurs facturent-ils trop cher le roaming de données ?
Si la baisse des tarifs de roaming est effective depuis le 1er juillet dernier en ce qui concerne l'envoi de SMS ou les appels émis et reçus au sein de l'Union européenne, seuls les tarifs de gros des transferts de données ont pour le moment été encadrés. Ce que critique à présent l'UFC-Que Choisir.
La baisse des tarifs de roaming au sein de l'Union européenne, qu'il s'agisse de l'envoi de SMS ou d'émission et de réception d'appels, est la grande victoire de fin de mandat de
Viviane Reding, commissaire européenne en charge de la Société de l'Information.
Sous son impulsion, un vaste programme de
baisse des tarifs d'itinérance a été amorcé
le 1er juillet dernier et devrait se poursuivre progressivement
jusqu'au 1er juillet 2011.
Cependant, si la diminution des coûts est importante pour l'envoi de SMS ou les appels d'un Etat membre de l'UE à l'autre, aucun encadrement ne pèse sur
les tarifs au détail des transferts de données.

Le texte adopté par la Commission européenne se contente en effet de fixer
une baisse progressive des tarifs de gros du roaming data : le mégaoctet est à
1 € depuis le 1er juillet 2009 et passera successivement à
0,80 € en 2010 et à
0,50 € en 2011. Néanmoins, les opérateurs n'ont
aucune obligation de répercuter ses nouvelles tarifications sur les factures de leurs clients.
Cette absence de cadre réglementaire est
une volonté de la Commission, qui voit là un bon moyen de
stimuler le marché encore naissant de l'Internet mobile. Les associations de consommateurs ne l'entendent pourtant pas de cette oreille.
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Le cabinet américain
Forrester vient en effet de publier une étude selon laquelle
près de 40 % des Européens pourraient utiliser Internet en mobilité en 2014. Ce sont même
41 % des Français qui devraient naviguer grâce au haut débit mobile contre seulement
11 % actuellement. Les perspectives de croissance pour les opérateurs sont donc impressionnantes.
Or, d'après l'
UFC-Que Choisir, hors options spécifiques, les consommateurs français payeraient actuellement le prix fort en matière d'Internet mobile en itinérance. Chez
Orange Mobile,
le mégaoctet en roaming serait facturé
9 €, contre
7 € chez
SFR Mobile et
5 € chez
Bouygues Mobile.
Pour les opérateurs, la polémique n'a pas lieu d'être. Selon
Bouygues Telecom, les chiffres avancés par l'association sont erronés, l'opérateur affirmant
facturer le mégaoctet 1 € au sein de l'UE.
Chez
Orange, on affirme que
la grande majorité des clients disposent d'un pack spécifique gratuit et sans engagement qui leur permet de bénéficier d'un tarif spécial à
0,50 € le mégaoctet.
Enfin, le même argument est avancé par
SFR qui déclare inciter ses clients à prendre une option spécifique avec laquelle
le mégaoctet n'est qu'à 0,36 €.
Devant le manque manifeste de lisibilité des tarifs, l'
UFC-Que Choisir a écrit à
Viviane Reding (photo ci-contre) afin de lui demander de mettre sur pied
un encadrement des tarifs de roaming des transferts de données au sein de l'Union européenne.
En effet, si à terme, l'utilisation d'Internet devient, comme on nous le prédit, un des principaux usages de la téléphonie mobile, il est sûrement grand temps
d'envisager la programmation d'une baisse des tarifs.
Brève rédigée par Stéphane C. le 02 Septembre 2009 à 16h20.