Nicolas Sarkozy se mêle de l'attribution de la 4ème licence 3G
Nicolas Sarkozy aurait émis des réserves sur l'attribution de la quatrième licence 3G à un candidat prônant le low-cost. Iliad, maison-mère de Free, seul candidat déclaré pour le moment, est clairement visée par les propos du chef de l'Etat.
La nouvelle procédure d'attribution de la quatrième licence mobile,
lancée en août avec plusieurs mois de retard, prend un tour éminemment politique suite aux propos tenus par
Nicolas Sarkozy lors d'un repas avec des députés UMP.
On sait déjà la réserve avec laquelle
la triade des opérateurs mobiles actuels envisage l'entrée sur le marché d'un nouvel acteur.
Orange,
SFR et
Bouygues Telecom n'ont eu de cesse de repousser l'échéance de l'attribution de la quatrième licence 3G.

Sous leur pression, le gouvernement a accepté de
revoir à la hausse le montant de la redevance demandée au nouvel entrant, désormais fixé à
240 millions d'euros pour une bande de fréquances de 5 Mhz, conformément à l'avis de la
Commission des participations et des transferts.
Désormais, c'est
auprès de la Commission européenne que
SFR et
Bouygues Telecom ont décidé de porter l'affaire, contestant toujours le montant exigée pour la licence 3G.

Cependant, la dernière sortie du Président de la République au sujet de l'attribution de la quatrième licence 3G pourrait bien apporter de l'eau au moulin des trois opérateurs mobiles.
Nicolas Sarkozy aurait en effet déclaré : «
Je suis assez sceptique et réservé sur le choix d'un quatrième opérateur de téléphonie mobile. Car le prix le plus bas n'est pas forcément le meilleur ».
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En pointant ainsi du doigt
la stratégie low-cost de Free, le chef de l'Etat entend tuer dans l'oeuf une hypothétique «
guerre des prix » à laquelle le
triumvirat en place est plus qu'hostile.
Martin Bouygues, proche de
Nicolas Sarkozy, avait d'ailleurs laissé entendre qu'une baisse des prix dans le domaine de la téléphonie mobile entraînerait inévitablement
des suppressions d'emplois, de l'ordre de 10 000 à 30 000. Une manière à peine voilée, en temps de crise économique majeure, d'influencer le gouvernement.

Bien entendu, les associations de consommateus, l'
UFC-Que Choisir en tête, s'insurgent de la prise de position de
Sarkozy. Ainsi,
Edouard Barreiro «
ne comprend pas les propos du président. Toutes les institutions saisies comme la Commission européenne ont souligné qu'un nouvel entrant est nécessaire pour restaurer la concurrence sur un marché mobile sclérosé ».
Néanmoins l'Elysée se défend de vouloir faire échouer l'attribution de la quatrième licence mobile et indique préférer que
les critères de choix portent davantage sur les investissements ou le rôle en terme de couverture du territoire que sur les prix.
En insistant sur
le maintien de la procédure, désormais aux mains de l'
ARCEP, le chef de l'Etat espère certainement susciter
une deuxième candidature,
Numericable,
Virgin Mobile,
Orascom ou encore
Bolloré, autre proche du Président, ayant fait savoir qu'ils pourraient être intéressés s'ils parvenaient à nouer un partenariat.

Enfin, cela pose également la question de
la crédibilité de l'ARCEP, qui pourrait se retrouver cantonner au rang de simple exécutant de la volonté élyséenne et de
l'influence des grands industriels sur le gouvernement. Il ne s'agit pas de jouer les perdreaux de l'année, s'imaginant que ce genre de manigances est apparu avec l'accession de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. Néanmoins, l'attitude sans complexe affichée peut donner à réfléchir.
Brève rédigée par Stéphane C. le 16 Septembre 2009 à 11h34.