Numérisation : Mitterrand installe une commission
Une commission, présidée par Marc Tessier, devra évaluer les divers enjeux de la numérisation des fonds patrimoniaux des bibliothèques, en étudiant les propositions de Google mais également d'éventuelles pistes alternatives.
La rumeur de discussions entre
Google, géant mondial en matière de numérisation, et la
Bibliothèque Nationale de France a provoqué
un énorme tollé au coeur de l'été.
A la
BNF, on reconnait que la firme américaine, malgré son caractère hégémonique et effrayant, possède néanmoins des arguments convaincants,
notamment sur le plan financier.
Afin de dépassionner le débat,
Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, qui a déclaré avoir fait «
de la numérisation des contenus culturels l'une des priorités » de son action ministérielle, a souhaité qu'une commission se penche sur la question, alors même que
des travaux se sont ouverts à Bruxelles autour de ce sujet.

Présidée par
Marc Tessier, ancien président de
France Télévisions et actuel directeur général de
Vidéo Futur,
la commission sur la numérisation des fonds patrimoniaux des bibliothèques est composée de
Emmanuel Hoog, président de l'
INA (dont on connait
les efforts en matière de numérisation), d'
Olivier Bosc, conservateur en chef des bibliothèques de la
BNF, d'
Alban Cerisier, directeur des fonds patrimoniaux et du développement numérique des éditions
Gallimard et de
François-Xavier Labarraque, directeur de la stratégie et du développement de
Radio France.
Celle-ci sera chargée d'étudier «
l?opportunité et les modalités d?un éventuel accord avec un opérateur privé, pour numériser ou mettre en ligne les fonds des bibliothèques », sans parti pris à l'égard de
Google mais sans pour autant écarter des pistes de réflexion alternatives.
La commission devra garder à l'esprit «
l'aspect technique du problème, mais aussi sa portée politique, au sens noble du terme, c'est-à-dire la visée de l'intérêt général et de l'indépendance nationale fondamentale en matière de culture et en particulier de valorisation du patrimoine ».

Elle prendra notamment en compte «
la libre disposition du patrimoine numérisé », les conditions de
conservation des fichiers numérisés,
la visibilité et l'accès aux contenus français sur Internet, «
l'intérêt économique et financier pour l'Etat et le contribuable » ainsi que
le message politique adressé au reste du monde.
La commission devra travailler rapidement, puisque un rapport d'étape est programmé
pour le 24 novembre et que les conclusions des travaux devront être remises au ministre
avant le 15 décembre. C'est en tous cas le délai accordé à la réflexion sur l'accès à la culture à l'ère numérique.
Source : DegroupNews
Brève rédigée par Stéphane C. le 27 Octobre 2009 à 14h09.