Antennes-relais : un rapport alimente le débat
Le rapport « Téléphonie mobile, technologie sans fil et santé » est riche de propositions concernant la maîtrise des risques liés à l'exposition aux ondes électromagnétiques. Si certaines devraient être bien accueillies, d'autres sèment déjà la discorde.
Alors que les actions en justice concernant les antennes-relais de téléphonie mobile se succèdent, un rapport parlementaire explore plusieurs pistes pour tenter de d'éviter tout
« alarmisme excessif », selon son auteur Alain Gest, député UMP de la Somme.
Les quelques 200 pages du rapport intitulé « Téléphonie mobile, technologie sans fil et santé » s'intéressent aussi bien aux antennes-relais qu'aux terminaux mobiles mais également aux ondes Wi-Fi. Afin de limiter le rayonnement du signal Wi-Fi, Alain Gest souhaite
« exploiter les moyens technologiques déjà existant qui permettent de focaliser les rayonnements du WiFi vers les seuls objets dont on a besoin ».

Pour ce qui est des terminaux mobiles, la réduction d'exposition aux ondes peut être réalisée grâce à
une oreillette rétractable à la place du haut parleur situé sur le terminal. Par ailleurs, le rapport préconise que le DAS (Débit d'Absorption Spécifique, soit le niveau de fréquences émis par le téléphone) soit indiqué directement sur le terminal.
L'instauration d'une taxe de 0,50 € sur chaque téléphone mobile vendu permettrait, selon le rapport, de financer des études sur les effets des ondes électromagnétiques et sur
les personnes hyperélectrosensibles. Ces études, financées actuellement en grande partie par les opérateurs, gagneraient ainsi en indépendance.

Le rapport préconise également la poursuite des recherches sur l'impact des technologies sans fil sur les enfants. Au nom du principe de précaution,
les téléphones mobiles sont déjà interdits dans les établissements scolaires, certaines municipalités ont également lancé des campagnes de communication sur
les dangers du mobile sur les enfants.
Si le principe de précaution vaut pour les terminaux, Alain Gest préfère parler de
« principe d'attention » en ce qui concerne les antennes-relais. Il n'est
pas question d'abaisser les seuils d'exposition des antennes de téléphonie mobile
comme le préconisait pourtant l'AFSSET. Le rapport va jusqu'à affirmer
« on peut constater un quasi-consensus sur l'innocuité des antennes-relais » et s'oriente simplement vers une meilleure information à l'attention de la population.
Toutefois, parmi les propositions du rapport, on trouve
« l'assujettissement de la demande d'installation des antennes-relais à la procédure du permis de construire ». Ceci permettrait, selon Alain Gest, d'éviter des refus d'implantation non justifiés par les maires, mais ceux-ci pourront demander
des mesures de niveau d'exposition avant et après l'installation de l'antenne. Le député PS François Brottes, qui préside le comité chargé de procéder aux
expérimentations sur l'affaiblissement des seuils d'exposition juge cette proposition
« prématurée ».
D'autres voix se sont déjà faites entendre. Priartem et Agir pour l'environnement protestent contre un
« rapport politique qui préconise un statu quo inacceptable en matière de seuils d'exposition ». Ce n'est donc pas encore aujourd'hui que le dossier des ondes électromagnétiques parviendra à un consensus.
Article rédigée par Charles P. le 05 Novembre 2009 à 13h53.