Très haut débit : les zones peu denses ont leur plan
Comme prévu, le Premier Ministre a dévoilé lundi les projets du gouvernement en matière de très haut débit dans les zones peu ou moyennement denses. En partie financés par le grand emprunt, ces réseaux devraient permettre de lutter contre la nouvelle fracture numérique qui menace le territoire français.
Lors de son discours à Vélizy sur le très haut débit et l'économie numérique,
François Fillon a tout d'abord rappelé que la France avait investi
deux fois moins que les autres pays avancés de l'OCDE dans le numérique.
Afin de remédier à cette situation,
4,5 milliards d'euros du grand emprunt vont être alloués aux technologies de l'information et des communications :
2 milliards d'euros financeront
le déploiement de réseaux très haut débit et
2,5 milliards d'euros viendront soutenir
le développement des usages, des services et des contenus. En outre, cet argent sera géré par
un fonds pour la société numérique, piloté par
René Ricol.
Alors que le gouvernement vient tout juste
d'homologuer la décision de l'ARCEP concernant
les réseaux FTTH dans les zones très denses, il se penche à présent sur le très haut débit dans les zones moyennement ou peu denses.
Pour organiser au mieux la répartition de l'argent dédié aux réseaux,
un programme national de déploiement du très haut débit devra être établi. Dans le cadre de ce programme,
des appels à projets régionaux seront lancés autour du mois de juin, ouverts aux opérateurs privés comme aux collectivités territoriales, qui permettront aux lauréats de bénéficier de prêts et d'un label pour le déploiement du très haut débit dès le printemps 2011.

Les opérateurs retenus devront répondre à des exigences «
en terme d?étendue, d?exhaustivité et de rapidité du déploiement, ainsi naturellement que de co-investissement ». Par ailleurs, le Premier Ministre a salué l'initiative d'
Orange et de
SFR de créer un réseau mutualisé à Bondy et à Palaiseau.
Free devrait d'ailleurs les rejoindre dans cette aventure et prendre en charge la commune de
Longjumeau, chère à
Nathalie Kosciusko-Morizet.
En outre,
François Fillon a assuré que
des fréquences issues du dividende numérique seraient accordées au développement de l'Internet très haut débit mobile et qu'
un satellite de nouvelle génération permettant d'apporter le THD dans les zones reculées à un tarif abordable était en projet.
De plus,
le sujet de la montée en débit des réseaux cuivre a été remis sur le tapis. En effet, malgré
les mises en garde de l'Autorité de la concurrence,
François Fillon se dit favorable à un tel projet dans la mesure où il ne distord pas le marché du haut débit et où il ne représente pas un frein au déploiement du FTTH.

Enfin, comme nous l'évoquions dans nos colonnes, le Premier Ministre s'est prononcé pour la mise en place
d'offres ADSL à tarifs sociaux, aux alentours de 20 €/mois, d'ici six mois. «
Internet est devenu un outil essentiel au même titre que l'électricité. Et y accéder à un tarif abordable et à haut débit c'est un impératif de justice sociale » a-t-il déclaré.
Au final, si l'utilisation des 2 milliards d'euros consacrés au déploiement de réseaux FTTH paraît bien encadrée et peut être à même de donner l'impulsion nécessaire à la fibre optique en France, le gouvernement est resté flou sur les 2,5 milliards d'euros dédiés aux usages et aux contenus. S'agira-t-il de financer
les propositions formulées par les diverses commissions mises en place dernièrement, comme celle présidée par
Zelnik, ou par
Tessier, ou encore par
Albanel ?
Source : DegroupNews
Brève rédigée par Stéphane C. le 19 Janvier 2010 à 12h20.