Dernier bilan de la Commission Copé en huis clos !

Contrairement à tous les précédents bilans d'étape, le dernier rendez-vous de la Commission Copé s'est tenu hier à huis clos et aucune présentation à la presse n'a été faite ensuite.
Finalement, la
Commission Copé a préféré se la jouer discrète concernant le dernier bilan d'étape et c'est un peu dommage pour le grand public et surtout pour le personnel d'un secteur en crise depuis l'annonce pompeuse du Président Sarkozy de priver de publicité toutes les chaînes du service public audiovisuel.
Le dossier sur la «
Nouvelle Télévision publique » qui sera présenté le 25 juin au Président de la République est finalisé mais n'a pas été présenté à la presse hier, lors du dernier bilan d'étape de la
Commission Copé. En parallèle, le personnel du service public audiovisuel a vivement réagit en lançant une grève, qui a été fortement suivie.
Quel financement pour la télé publique ?
Suivant les sources, le manque à gagner de l'arrêt de la publicité sur les antennes publiques n'est pas estimé de la même façon. Certaines sources l'estiment à 650 millions d'euros, ce qui représente une fourchette très basse, et d'autres pensent qu'il faut tabler sur 850 millions d'euros auxquels il faut ajouter le financement pour la gestion et la création de programmes qui représente quelques 400 millions d'euros.
La redevance audiovisuelle devrait être indexée sur le coût de la vie et donc augmentée. Par ailleurs, il est fort probable que les personnes recevant la télévision par le seul biais d'un ordinateur ou d'un téléphone mobile soient assujetties à la redevance.
En dehors de la redevance audiovisuelle, d'autres taxes permettront de combler le manque à gagner de
France Télévisions pour la période «
après pub ».
Sources de revenus probables pour France Télévision :
- Redevance audivisuelle indexée sur le coût de la vie
- Taxe de 0,5 % sur le chiffre d'affaires des opérateurs internet et de téléphonie mobile, soit 210 millions d'euros
- Taxe sur les fréquences radio-électriques, soit 100 millions d'euros
- Recettes publicitaires issues du parrainage, des chaînes de l'Outre-mer (RFO et France O), de France 3 et des sites webs de toutes les chaînes du groupe, soit 150 millions d'euros
- 80 millions d'euros issus de la redevance pour l'INA
- 60 millions d'euros issus de la redevance pour RFI
- Vente de produits dérivés (DVD, VoD payante...), soit 40 millions d'euros
Concernant TVI, son budget futur dépendra directement de l'Etat puisque la chaîne doit faire partie de la holding de l'audiovisuel extérieur, au même titre que France 24 et TV5Monde.
Le futur budget de l'Institut national de l'audiovisuel (INA) viendrait directement d'une taxe sur les recettes publicitaires supplémentaires des télévisions privées, soit 80 millions d'euros. A ce titre, Jean-François Copé a indiqué ironiquement que « cela permettra de ne plus dire que les télévisions privées payent pour les télévisions publiques. Cela va détendre tout le monde ».
La Commission Copé indique que France Télévisions devra faire des économies et réaliser des gains de productivité, soit une estimation de 140 millions d'euros. De plus, la vente de produits dérivés tels que les DVD et la VoD devraient rapporter quelques 40 millions d'euros.
Par ailleurs, il est à noter que
TF1,
M6 et
Canal+ ont déjà signalé leur refus de la taxe sur les recettes publicitaires (
voir ici).
Si on fait un premier calcul des nouveaux financements pour l'audiovisuel public, la somme avoisine les 650 millions d'euros auxquels il faut ajouter la redevance. Il en manque encore un peu pour assurer le budget global qui doit tenir compte de la création audiovisuelle, sans compter que le personnel de
France Télévisions demande des garanties quant à son avenir...
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Vives réactions et craintes du personnel chez France Télévisions
En parallèle du dernier bilan d'étape de la Commission Copé, les réactions du personnel de
France Télévisions ne se sont pas faites attendre et une grève a été déclenchée hier.
Peu suivie par
France 2, la grève s'est surtout fait sentir sur
France 3 où dans certaines régions (
Toulouse par exemple), pas moins de 90 % du personnel a cessé le travail (
voir ici).
Dans les faits, une partie du personnel de
France 3 est passé du stade de la crainte à celui de la colère dans la mesure où
Jean-François Copé a émis l'hypothèse que le réseau
France 3 devrait être régionalisé en lieu et place de sa vocation nationale.
En effet, lors de la dernière conférence de presse, la semaine dernière, il a annoncé que le réseau de France 3 évoluerait vers sept pôles de gestion et de diffusion régionaux au lieu des treize actuels. En fait, France 3 deviendrait un réseau de chaînes régionales avec un décrochage national contrairement à maintenant. En clair, France 3 perdrait son statut de chaîne nationale.
Les réactions ont été très vives hier et
Jean-François Téaldi, porte-parole de la CGT et membre de l'intersyndicale de l'audiovisuel public, s'est d'ailleurs exprimé sans détour auprès de l'
Associated Press à qui il a indiqué que
Jean-François Copé n'avait «
pas entendu la clameur des salariés ». «
Il persiste et signe dans le mensonge », a-t-il ajouté. Concernant la nouvelle régionalisation de France 3, «
il veut nous faire croire qu'en réduisant le nombre de régions, on va renforcer la proximité, alors qu'on sait très bien que c'est l'alibi qu'il est train de présenter pour démanteler la structure nationale de France 3 ».
Des propos très forts qui vont jusqu'à laisser entendre que la
Commission Copé veut tuer
France 3 dont la présence en région «
empêche une information monolithique » et «
le développement de groupes multimédias de la presse quotidienne régionale » (Source :
ici).
De la même manière, les opérateurs télécoms se rebellent et menacent d'augmenter leurs tarifs si la taxe sur leur chiffre d'affaire est effective.
Leur première réaction a été d'accepter l'idée de cette taxe à condition que les entreprises du secteur ne soient pas les seules à payer (
voir ici).
«
Une taxe qui s'appliquerait au seul secteur des télécoms ne serait pas appropriée [...] Nous sommes ouverts à une taxe mais nous pensons que nous ne devons pas être les principaux contributeurs à cette mesure car il n'existe aucun lien direct entre la télévision publique et nous », a indiqué la Fédération française des télécoms (
FFT).
La prochaine étape de la Commission Copé sera la dernière avec la présentation du projet auprès du Président de la République. Ainsi, nous connaîtrons enfin à quelle sauce sera mangé le service public audiovisuel français et surtout combien cela va coûter...
Source : DegroupNews
Brève rédigée par Patrick E. le 19 Juin 2008 à 15h21.