Le Troll de la semaine : Internet et la gestion des ordures
Internet est la source de tous les maux de la Terre, c'est bien connu. Repaire de pédophiles, terrain de jeux des arnaqueurs en tout genre, voilà qu'il prend désormais en charge la gestion des ordures les plus viles. Pratiques ces gros tuyaux.
Il semble qu'il soit à la mode ces derniers temps de s'insurger contre
les dangers d'Internet, ogre fantasmagorique qui détruit tout sur son passage et qui avilit le genre humain, bête féroce incontrôlable, prête à dévorer nos idéaux et nos enfants.
On se souvient, bien entendu, des propos du philosophe
Alain Finkielkraut sur le plateau d'Arrêt sur Images, qui voyait en Internet «
une poubelle ».
Celui qui reconnaît ne pas surfer sur le web s'est à nouveau exprimé la semaine dernière sur la «
muflerie généralisée » encouragée par Internet, traitant de «
stupide » la censure partielle d'
Hadopi par le Conseil constitutionnel. L'histoire pourrait s'arrêter là :
Finkielkraut n'est pas un ami du progrès, cela n'est pas une surprise.
Le souci, c'est que le philosophe a visiblement commis
une erreur de lecture, prétendant que le Conseil constitutionnel a invalidé le volet répressif de la loi au nom de la liberté d'expression et de «
consommation », alors qu'il s'agit de
la liberté d'expression et de communication, défendue dans la Déclaration des droits de l'homme de 1789, sur laquelle se sont appuyés les Sages du Palais Royal.

Néanmoins, les opinions de
Finkielkraut ont fait des émules, puisque
Denis Olivennes, ancien patron de la
Fnac, actuellement à la tête du
Nouvel Observateur, et instigateur des
Accords de l'Elysée qui ont donné naissance à la loi Création et Internet, s'en est visiblement inspiré.
En effet,
Rue89 révèle que l'individu aurait déclaré lors d'une réunion qu'Internet était le «
tout-à-l'égout de la démocratie ». Jolie formule à coté de laquelle la timide «
poubelle » de
Finkielkraut ne fait pas le poids.
Superbe métaphore du réseau et des tuyaux que l'on peut quasiment filer à l'envi, la déclaration d'
Olivennes n'en est pas moins obscure. En effet, qu'est-ce à dire ? L'homme qui est à l'origine du projet gouvernemental
censé réconcilier la création artistique et Internet, en exprimant
le fond de sa pensée, ne trahit-il pas tout le travail de communication ministériel ?
Et question plus importante encore,
qui va tirer la chasse ?
Brève rédigée par Stéphane C. le 04 Juillet 2009 à 00h16.