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23 582 membres enregistrés - 1 913 113 posts - 99 149 topics 19 connectés (record : 273 le 28 octobre 2008 - 04 h 24)

 
   Le cercle des poetes disparus 

Woofy
Pour les bons tuyaux me demander

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  Posté le 08 février 2005 - 16 h 11 m 45 s
Reprise du message précédent :

:yes:
Doue le gars!



:smileymouth: Totalement inutile, donc completement indispensable :smileymouth:

:sms:


Murmure
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  Posté le 07 mars 2005 - 11 h 01 m 33 s
Aveu dans le silence

Dans l’orage secret, dans le désordre extrême
Je n’ose m’avouer à moi-même que j’aime !
Cela m’est trop cruel, trop terrible… Mais j’aime !

Pourquoi je l’aime ainsi ? L’éclat de ses cheveux…
Sa bouche… Son regard !… Ce qu’elle veut, je veux.
Je ne vis que de la clarté de ses cheveux…

Et je ne vis que du rayon de ce sourire
Qui m’attendrit, et que j’appelle et je désire…
O miracle de ce miraculeux sourire !…

Sa robe a des plis doux qui chantent… Et ses yeux
Gris-verts ont un regard presque… miraculeux…
J’adore ses cheveux et son front et ses yeux…

Elle ne saura point, jamais, combien je l’aime
Cependant ! Car jamais ma jalousie extrême
Ne lui laissera voir, jamais, combien je l’aime !

Renée Vivien



:pitre:

Murmure
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  Posté le 05 avril 2005 - 15 h 09 m 01 s
Petit plan lesbien

J’ai vu
des filles fragiles
rue du Roi de Sicile
celles qui aiment plaire
rue Beaurepaire
celles qui sont dans le bain
rue Saint-Sabin
celles qui volent des câlins
dans la rue Saint-Martin
celles qui jamais ne s’essoufflent
dans la rue des Ecouffes
celles qui n’aiment pas partager
rue des Bergers
celles aux jolies frimousses
rue aux Ours
celles qui t’apprécient
rue de Montmorency
celles qui te contemplent
rue Vieille du Temple
celles qui sirotent la bière
boulevard Poissonnière
celles qui demandent m’aimes-tu ?
rue des Vertus
et celles qui sourient à la vie
rue Sainte-Croix de la Bretonnerie

Cristie Cyane



:pitre:

Murmure
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  Posté le 21 avril 2005 - 17 h 22 m 16 s
Fin du rêve

Elle était le jour, j'étais la nuit.
Maintenant je suis une vêpre.
Errant sans plus me connaitre.
Notre amour n'est plus pour moi qu'un bruit.

Mais à y réfléchir, tout n'était qu'illusion,
Un mur de poussière décoré de passion.

Nous nous entendions sans même nous comprendre,
Mais tout n'est que contrition.
Accorder nos diapasons
Semble impossible, tout semble partir en cendre...

Mais à y réfléchir, tout n'était qu'illusion,
Un mur de poussière décoré de passion.

Dur d'être bien dans des émois si confus,
Un amour si fort
Qui demande tant d'efforts
Pour avancer dans ce monde inconnu.

Mais à y réfléchir, tout n'était qu'illusion,
Un mur de poussière décoré de passion.

Murmure


Message édité 1 fois, la dernière par Murmure le 21 avril 2005 - 17 h 23.

:pitre:

paicman
(¯¯`·.____[T3aM.R3cLu5]____.·´¯¯¯) A perpétuité !!!!

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  Posté le 22 avril 2005 - 13 h 44 m 54 s
Renaissant chaque jour, la rose
Dans sa vive couleur de mai,
A su garder sans sa pose
Le reflet clair de sa beauté.
Pourtant brillant de mille éclats,
La rose a quittée sans un adieu ce monde.
La mort pareille à la nudité
A rendu le soleil blême
De n'avoir point tant désiré
Cette fleur dont les larmes
Ont noyées mon coeur enflammé

Paicman :heart:


Message édité 4 fois, la dernière par paicman le 23 avril 2005 - 10 h 10.

:lol: Je me marre :P

Ceux qui errent ne sont pas toujours perdus (J.R.R. Tolkien)


bernie38
Waldorf (le pote à Statler)

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  Posté le 22 avril 2005 - 14 h 18 m 11 s
alors là paicman, tu m'épates ! C'est pas mal différent de ce que tu écris dans le topic blagues :o
:jap:



La Montagne n'est pas dangereuse : on ne peut qu'y perdre la vie, tandis qu'en ville on devient bête et méchant
Voltaire


paicman
(¯¯`·.____[T3aM.R3cLu5]____.·´¯¯¯) A perpétuité !!!!

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  Posté le 22 avril 2005 - 14 h 37 m 04 s


Le 22 avril 2005 - 14 h 18, bernie38 a écrit :
alors là paicman, tu m'épates ! C'est pas mal différent de ce que tu écris dans le topic blagues :o
:jap:


Salut mon pote :banzai: Je suis comme le fromage St Agure, le bleu pour tout ce qui est connerie et le blanc pour le romantisme. :lol3:



:lol: Je me marre :P

Ceux qui errent ne sont pas toujours perdus (J.R.R. Tolkien)


bernie38
Waldorf (le pote à Statler)

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  Posté le 22 avril 2005 - 16 h 06 m 00 s


Le 22 avril 2005 - 14 h 37, paicman a écrit :


Le 22 avril 2005 - 14 h 18, bernie38 a écrit :
alors là paicman, tu m'épates ! C'est pas mal différent de ce que tu écris dans le topic blagues :o
:jap:


Salut mon pote :banzai: Je suis comme le fromage St Agure, le bleu pour tout ce qui est connerie et le blanc pour le romantisme. :lol3:

l'image en elle-même n'est pas trop poétique, mais je capte ce que tu veux dire :lol:
St Agur sans e final, je crois, non ? :D



La Montagne n'est pas dangereuse : on ne peut qu'y perdre la vie, tandis qu'en ville on devient bête et méchant
Voltaire


tsunaman
(¯`·._[T3aM.77]_.·´¯) Officielle !! Bundy Powaaaaa !!

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  Posté le 23 avril 2005 - 09 h 45 m 10 s


Le 22 avril 2005 - 14 h 37, paicman a écrit :


Le 22 avril 2005 - 14 h 18, bernie38 a écrit :
alors là paicman, tu m'épates ! C'est pas mal différent de ce que tu écris dans le topic blagues :o
:jap:


Salut mon pote :banzai: Je suis comme le fromage St Agure, le bleu pour tout ce qui est connerie et le blanc pour le romantisme. :lol3:


Ce serait pas plutot le contraire ?? non... parceque ya beaucoup plus de blanc que de bleu dans le saint-agur ;) :D

En tout cas, :yes: pour ton poeme, pourquoi tu mets pas tes autres ??



Des fois, j'ai vraiment honte d'être un être humain... :hot:
.
Venez combattre ma Brute
:bat:


paicman
(¯¯`·.____[T3aM.R3cLu5]____.·´¯¯¯) A perpétuité !!!!

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  Posté le 23 avril 2005 - 10 h 07 m 52 s


En tout cas, :yes: pour ton poeme, pourquoi tu mets pas tes autres ??


Ce poême est déposé c'est maitre Enculos. :heart:



:lol: Je me marre :P

Ceux qui errent ne sont pas toujours perdus (J.R.R. Tolkien)


tsunaman
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  Posté le 25 avril 2005 - 10 h 09 m 47 s


Le 23 avril 2005 - 10 h 07, paicman a écrit :


En tout cas, :yes: pour ton poeme, pourquoi tu mets pas tes autres ??


Ce poême est déposé c'est maitre Enculos. :heart:


Des fois, je me demande si on parle la meme langue ! :o
Je comprends rien a ce que tu racontes !!



Des fois, j'ai vraiment honte d'être un être humain... :hot:
.
Venez combattre ma Brute
:bat:


Micka
J'ai pas de vie sociale, alors je pompes sur Lone Cut et Kiki. J'vous l'avait dit hier, rien de tel qu'une bonne nuit de sommeil.

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  Posté le 25 avril 2005 - 10 h 27 m 54 s
:roll:
:floodoff:

Retour au sujet, merci :freud:



J'ai plus de sous, mais une voiture

www.multiprises.com
:Lutin:


baby
ex-chercheuse d'emploi :-) - de l'autre côté du miroir !

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  Posté le 25 juin 2005 - 20 h 28 m 09 s
La beauté.
Charles Baudelaire.

Je suis belle, ô mortels, comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes devant mes grandes attitudes,
Qu'on dirait que j'emprunte aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études ;

Car j'ai pour fasciner ces dociles amants
De purs miroirs qui font les étoiles plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !


Message édité 1 fois, la dernière par baby le 25 juin 2005 - 20 h 28.

http://www.blogenville.com/emploi-grenoblois , le blog des chercheurs d'emploi grenoblois, venez donc m'aider à l'animer :-)

bernie38
Waldorf (le pote à Statler)

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  Posté le 25 juin 2005 - 20 h 31 m 35 s
Baby, je préfère Correspondances (oui, oui, une réminiscence de ma seconde)

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.



La Montagne n'est pas dangereuse : on ne peut qu'y perdre la vie, tandis qu'en ville on devient bête et méchant
Voltaire


baby
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  Posté le 25 juin 2005 - 20 h 38 m 50 s
nostalgie, nostalgie :hot:

j'ai eu 19 à l'oral du bac de français avec le poème ci-dessous (tronqué pour l'occasion mais entier ici).


Le Bateau Ivre

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentais plus tiré par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands et de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : Je sais le soir,
L'aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelques fois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très-antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J'ai suivi, des mois pleins, pareilles aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux des panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulement d'eau au milieu des bonacees,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés de punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instant.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombres aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

Presque île, balottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabotteurs aux yeux blonds.
Et je voguais lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repéché la carcasse ivre d'eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient couler à coups de trique
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future vigueur ? -

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesses, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leurs sillages aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.


Arthur Rimbaud



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bernie38
Waldorf (le pote à Statler)

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  Posté le 25 juin 2005 - 20 h 42 m 01 s
tant qu'on y est, voila "la mort du loup", de vigny, qui déjà m'avait marqué... Et c'est encore d'actualité, pour être prosaïque (un comble, dans le topic poésie !)
C'est long, mais lisez bien et dites moi si vous n'êtes pas ému par la beauté de ce poème !

Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.
Nous marchions sans parler, dans l'humide gazon,
Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,
Nous avons aperçus les grands ongles marqués
Par les loups voyageurs que nous avions traqués.
Nous avons écouté, retenant notre haleine
Et le pas suspendu. -- Ni le bois, ni la plaine
Ne poussait un soupir dans les airs; Seulement
La girouette en deuil criait au firmament;
Car le vent élevé bien au dessus des terres,
N'effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
Et les chênes d'en-bas, contre les rocs penchés,
Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,
Le plus vieux des chasseurs qui s'étaient mis en quête
A regardé le sable en s'y couchant; Bientôt,
Lui que jamais ici on ne vit en défaut,
A déclaré tout bas que ces marques récentes
Annonçait la démarche et les griffes puissantes
De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.
Nous avons tous alors préparé nos couteaux,
Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
Nous allions pas à pas en écartant les branches.
Trois s'arrêtent, et moi, cherchant ce qu'ils voyaient,
J'aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
Et je vois au delà quatre formes légères
Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
Leur forme était semblable et semblable la danse;
Mais les enfants du loup se jouaient en silence,
Sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi,
Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi.
Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,
Sa louve reposait comme celle de marbre
Qu'adorait les romains, et dont les flancs velus
Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
Le Loup vient et s'assied, les deux jambes dressées,
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris,
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante,
Et n'a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu, qui traversaient sa chair,
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang;
Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

J'ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
Me prenant à penser, et n'est pu me résoudre
A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,
Avaient voulu l'attendre, et, comme je le crois,
Sans ses deux louveteaux, la belle et sombre veuve
Ne l'eut pas laissé seul subir la grande épreuve;
Mais son devoir était de les sauver, afin
De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
A ne jamais entrer dans le pacte des villes,
Que l'homme a fait avec les animaux serviles
Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
Les premiers possesseurs du bois et du rocher.

Hélas! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
Que j'ai honte de nous , débiles que nous sommes!
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C'est vous qui le savez sublimes animaux.
A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse,
Seul le silence est grand; tout le reste est faiblesse.
--Ah! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,
Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur.
Il disait: " Si tu peux, fais que ton âme arrive,
A force de rester studieuse et pensive,
Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté
Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.
Gémir, pleurer prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le sort a voulu t'appeler,
Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler.



La Montagne n'est pas dangereuse : on ne peut qu'y perdre la vie, tandis qu'en ville on devient bête et méchant
Voltaire


pilou38
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  Posté le 13 juillet 2005 - 15 h 43 m 30 s
Café

Tes grains moulus,
Sur le papier
A l’eau bouillie,
J’ai tout mêlé

Puissant parfum
Tout inhalé,
A ta saveur
Suis noyauté

Chaude liqueur
Finement glisse,
Enfin dissoute
De tes épices

Carré de sucre
Cuiller qui brille,
Tu as ton pot
Dans chaque famille

Nuage de lait
Ou petit noir,
Des rituels
Matin au soir

Excite mon cœur
Jaunit l’émail,
Mince ! t’as vu l’heure
Faut que je travaille

:)

Pilou 2005



Réincarnation de Pilou Inscrit le 03/01/2003

tsunaman
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Pas mal Pilou :yes: .... sauf les deux derniers vers... :-/ ;)



Des fois, j'ai vraiment honte d'être un être humain... :hot:
.
Venez combattre ma Brute
:bat:


bernie38
Waldorf (le pote à Statler)

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  Posté le 13 juillet 2005 - 20 h 10 m 30 s
y'a encore quelq'un ici dedans qui connait "je voudrais pas crever" de Boris Vian ?



La Montagne n'est pas dangereuse : on ne peut qu'y perdre la vie, tandis qu'en ville on devient bête et méchant
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Murmure
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  Posté le 14 juillet 2005 - 12 h 03 m 50 s
oui



:pitre:

bernie38
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Le 14 juillet 2005 - 12 h 03, Murmure a écrit :
oui

ok, mais toi c'est différent, tu as de la culture :jap:
les autres, ils connaissent au moins de nom ? pas sur, c'est passé de mode, hélas...

merci, douce murmure.



La Montagne n'est pas dangereuse : on ne peut qu'y perdre la vie, tandis qu'en ville on devient bête et méchant
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