|
|
le référendum sur la constitution européenne...
|
bernie38
Waldorf (le pote à Statler)
Messages : 11 427 Inscrit le 28/08/03
Non connecté
|
|
Posté le 06 mars 2005 - 20 h 30 m 11 s |
|
|
Reprise du premier message :Ben non, c'est pas un sondage, c'est pas non plus pour lancer un troll, c'est juste pour avoir quelques infos.
A ma grande honte, si ça continue, je vais aller voter sans savoir de quoi il en retourne réellement.
Alors si quelqu'un avait un bouquin, une brochure à me conseiller, ce serait super sympa.
Et ça me permettrait d'avoir une info débarassée des brouillages que font trop de gens à la télé, dans les journaux...
EDIT : quelques liens (pour ou contre) sur cette fameuse constitution :
http://europa.eu.int/eur-lex/lex/JOHtml.do?uri=OJ:C:2004:310:SOM:FR:HTML
http://www.constitution-europeenne.fr/
http://www.france.attac.org/r613
http://www.marianne-en-ligne.fr/archives/e-docs/00/00/22/5D/document_article_marianne.md
http://www.pourmoicestnon.com/
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/02/CASSEN/11908
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/index.htm
http://publiusleuropeen.typepad.com/publius/2004/11/publius_questce.html
http://www.oui-et-non.com
un moteur de recherche pour naviguer dans la Constitution
http://www.europeplusnet.info/
forum Télérama
http://www.chass.utoronto.ca/~wellman/publications/livingnetworked/ieee1%5B1%5D.4b.htm
Et, pour rebondir sur le topic de Neigerome et la proposition de Gégé, voici le résultat pour Grenoble
|
|
| |
Message édité 12 fois, la dernière par bernie38 le 19 juillet 2005 - 21 h 15. |
| |
La Montagne n'est pas dangereuse : on ne peut qu'y perdre la vie, tandis qu'en ville on devient bête et méchant
Voltaire
|
|
ballinette
Un Français qui se lève tard !!!
Messages : 25 852 Inscrit le 12/08/02
FAI : Free+Club Internet+Wanadoo
Non connecté
|
|
Posté le 12 juillet 2005 - 17 h 39 m 48 s |
|
|
|
|
|
| |
Dangereux pirate.
|
guilhem
Messages : 2 Inscrit le 12/07/05
Non connecté
|
|
Posté le 12 juillet 2005 - 17 h 55 m 08 s |
|
|
Bonjour je suis un des rédacteurs de l'étude qui est ici citée. Quelques éléments de réponse à loz : lorsque nous parlons de sites fermés ce n'est aucunement un jugement moral ou éthique sur une supposée "ouverture d'esprit" des nonnistes mais simplement un constat statistique sur les liens hypertextes entres les sites nonnistes et entre les autres sites de notre collection étudiée.
Concernant ta remarque sur l'effet mécanique responsables du phénomène selon toi, je remarque qu'effectivement le fait que les sites du non soient plus nombreux fait qu'ils sont plus cités et citent eux même plus que les sites du oui cependant alors que le rapport oui/non en sites est de 66%/34% les liens des sites nonnistes vont à 79% vers des sites nonnistes et à 5% vers des sites ouiouistes la tendance reste donc présente au delà de la répartition en nombre de sites.
Sur tes autres hypothèses je ne me prononcerai pas car cela dépasse le cadre de l'étude. Ceci nécessiterait d'être débattu avec des politologues par exemple.
Concernant la sélection, 12 000 sites ont été rappatriés mais il faut comprendre que cela nous a permis d'aspirer une "grappe" d'une taille très importante pour être justement le plus exhaustif possible. Parmi ces 12 000 sites le traitement lexical effectué s'est fait finement non pas à partir d'un seul mot clé mais à partir d'un lexique complet en rapport avec le référendum. En gros, ont été éliminés des sites qui ne possédaient aucun des mots du lexique ou en toute petite quantité. C'est effectivement là où notre méthodologie peut être attaquée et nous n'avons pas prétention à être exhaustif dans notre travail (mais qui peut l'être avec un milieu aussi dynamique et plastique que le web???), cependant si je fais le pari et nous tenterons de le prouver dans nos futurs travaux que justement des critères de sélection différents n'auraient pas changé fondamentalement les conclusions de notre étude.
Cordialement.
|
|
| |
Guilhem Fouetillou - Doctorant en Sciences de l'Information à l'Université de Technologie de Compiègne
|
loz
Put something exciting between your legs!
Messages : 7 599 Inscrit le 07/11/01
Non connecté
|
|
Posté le 13 juillet 2005 - 00 h 23 m 22 s |
|
|
Ouais !!! Je suis lu, quel honneur !
A mon tour.
J'insiste, le terme "fermé" étais mal venu. C'était peut-être involontaire, mais c'était une maladresse.
J'accepte la remarque sur l'effet mécanique, mais même s'il n'explique pas tout, c'est sans doute une grosse contribution. D'ailleurs pourquoi l'effet mécanique devrait-il être strictement proportionnel à la différence de taille des communauté ? Puisque la tendance communautaire semble être naturelle sur le web, pourrait-il y avoir un effet boule de neige ?
Par contre je pense que l'ouverture que je présume des sites nonistes, ça pourrait être une extension de ton étude. Est-ce qu'en dehors de la période de débat, les sites qui se sont révélés ouistes ne sont pas moins entre-liés ?
Concernant la sélection effectivement il serait intéressant de voir quels termes sont "cruciaux"... Mais j'insiste pour dire que l'élimination des sites anglophones est une décision technique bien compréhensible, mais qui me pose problème.
J'ai moi même surfé de sites francophones sur le traité vers des sites anglophones. Est-que ça aurait changé quelque chose ? Peut-être, dans un sens ou dans l'autre d'ailleurs, mais je pense qu'il fallait justifier ce choix.
Enfin je rappelle que je n'ai fait qu'émettre toutes les hypothèses qui me sont passées par la tête, pas que je pense qu'elle sont toutes responsables du phénomène.
En tout cas merci de m'avoir répondu et n'hésite pas à nous faire part de tout complément d'enquête !
|
|
| |
« Vivre simplement, pour que simplement d’autres puissent vivre. » (Gandhi)
|
guilhem
Messages : 2 Inscrit le 12/07/05
Non connecté
|
|
Posté le 13 juillet 2005 - 10 h 34 m 40 s |
|
|
Bonjour,
Je trouve ta remarque sur l'effet boule de neige intéressante, cependant des éléments au niveau micro tendent à expliquer le caractère plus "fermé" (désolé pour le terme, en analyse des réseaux sociaux américaine, les sociologues parlent de "densely knit, bounded groups", communautés fortement maillées et aux frontières marquées peut être préféreras-tu cette formulation  ) par exemple la politique de co-citation automatique que certains partis ont lancé au niveau de tous leurs sites locaux (LCR78 lié à LCR33 lié à LCR90 etc), ceci est très présent pour la LCR mais aussi pour le NPS. Je pourrais ici produire d'autres explications mais ce n'est pas l'objectif, j'essaye juste d'expliquer que ce caractère fortement maillé et aux frontières marquées de la communauté du non ne porte pas le moindre jugement moral ou éthique (je me répète).
Je suis évidemment d'accord avec toi pour la question du web francophone. Cependant la technique nous limite et rendre compte du débat francophone était déjà une gageure (il n'existe d'ailleurs pas d'étude équivalente en europe pour le moment...). Mais j'espère évidemment qu'à terme nous pourrons effectuer ce genre d'étude en multilingue.
Bonne journée.
|
|
| |
Guilhem Fouetillou - Doctorant en Sciences de l'Information à l'Université de Technologie de Compiègne
|
DAGO
Laissez moi grandir!!!!!!!!!!!!
Messages : 22 549 Inscrit le 02/12/01
Non connecté
|
|
Posté le 13 juillet 2005 - 11 h 22 m 07 s |
|
|
|
|
|
| |
wilka est immmortel, c'est un virus informatique (c) Dark oopa
|
bernie38
Waldorf (le pote à Statler)
Messages : 11 427 Inscrit le 28/08/03
Non connecté
|
|
Posté le 13 juillet 2005 - 20 h 06 m 49 s |
|
|
Le 13 juillet 2005 - 11 h 22, DAGO a écrit :
Le 12 juillet 2005 - 17 h 39, ballinette a écrit :
... et en plus, à cause de ça, les JO 2012 n'auront pas lieu à Paris, ni à Amsterdam... c'est dire 
|
mais non.. mon pere dit que c'est a cause des sindicats.. et ceux qui ete a singapour disent que c'est parce que les anglais on payé... ou on ete recu par tony blair... bref.. les francais ne savent apparement pas perdre.. dsl HS 
|
oauis  et moi on m'a dit que c'est parce qu'en GB le contrôle anti-dopage est moins sévère qu'en france... Ah la la, rumeur, rumeur... Ils ont eu les JO, ils ont été meilleurs que nous et c'est tout, y'a pas mort d'homme ! Nous on a le tour de france (quoi ? dopage ? nooooon !)
Quand on regarde plus haut le niveau de discussion entre Loz et guilhem on se sent un peu petit, non ?
Fin de cet horrible HS.
|
|
| |
La Montagne n'est pas dangereuse : on ne peut qu'y perdre la vie, tandis qu'en ville on devient bête et méchant
Voltaire
|
DAGO
Laissez moi grandir!!!!!!!!!!!!
Messages : 22 549 Inscrit le 02/12/01
Non connecté
|
|
Posté le 13 juillet 2005 - 21 h 00 m 44 s |
|
|
|
|
|
| |
wilka est immmortel, c'est un virus informatique (c) Dark oopa
|
bidibulo
Wind powered !
Messages : 10 237 Inscrit le 09/12/02
Non connecté
|
|
Posté le 13 juillet 2005 - 22 h 07 m 39 s |
|
|
L'analyse effectuée par cette étude colle en tout cas à certaines impressions que j'ai ressenties pendant la campagne.
D'ailleurs si mes souvenirs sont bons, j'avais dit à peu près la même chose concernant le premier post et les liens donnés : quelques sites neutres et beaucoup de sites nonnistes...
Et force m'est de constater que comme le dit Guilhem, les nonnistes ont constitué un réseau bien plus "maillé" que les ouistes. (ce n'est pas un jugement de valeur, juste une constatation).
|
|
| |
http://www.kaf-kites.com : la seule association de kitesurf et snowkite Lyonnaise !
|
iraysyvalo
-
Messages : 9 647 Inscrit le 19/11/02
Non connecté
|
|
Posté le 15 juillet 2005 - 10 h 12 m 56 s |
|
|
D'un autre cote, dans le paysage mediatique traditionnel, il n'y a pas eu photo ..
|
|
| |
Pour un ban rapide et garanti sur ce forum, argumentez vos posts, dites simplement la verite, parlez de la realite et les leche-culs d'un cote et les maniaques du ban de l'autre se feront un plaisir de vous envoyer au purgatoire aussi sec.
|
bidibulo
Wind powered !
Messages : 10 237 Inscrit le 09/12/02
Non connecté
|
|
Posté le 15 juillet 2005 - 16 h 38 m 47 s |
|
|
Le 15 juillet 2005 - 10 h 12, iraysyvalo a écrit :
D'un autre cote, dans le paysage mediatique traditionnel, il n'y a pas eu photo ..
|
Mouais... Je serais pas aussi catégorique... T'as pas du regarder le Vrai journal, les guignols, écouter les radios, lire les journaux... En tout cas le "paysage médiatique traditionnel" semble n'avoir eu que peu d'emprise sur les votes  Il ne se résume pas à TF1 et France Télévisions, ce paysage médiatique. Moi qui ne regarde jamais ces 4 chaînes, je peux te dire que j'ai vu pas vu beaucoup de chantres du oui sur les autres, sur le net, à la radio...
Par contre le catastrophisme des nonnistes a apparemment eu beaucoup plus de répercussions sur les votes. Sur le web, en dehors des sites de partis politiques, je n'ai pas vu beaucoup de sites pour le oui.
Alors on peut tergiverser des années sur la soi-disant partialité des médias tant décriée pendant la campagne, et qui finalement n'était soit pas efficace soit pas si réelle que ça au vu des résultats...
Moi ce que je vois, c'est que 95 % des gens qui ont voté (autant pour le oui que pour le non) n'avaient aucune idée des raisons ni des conséquences de leur vote. Moi y compris.
Et que c'est le "l'avenir est sombre, on nous ment, on nous spolie, tous pourris" qui a eu plus de poids que cette soi-disant inéquité médiatique...
|
|
| |
http://www.kaf-kites.com : la seule association de kitesurf et snowkite Lyonnaise !
|
DAGO
Laissez moi grandir!!!!!!!!!!!!
Messages : 22 549 Inscrit le 02/12/01
Non connecté
|
|
Posté le 15 juillet 2005 - 23 h 26 m 43 s |
|
|
Le 15 juillet 2005 - 16 h 38, bidibulo a écrit :
Alors on peut tergiverser des années sur la soi-disant partialité des médias tant décriée pendant la campagne,
|
j'arrete pas de le dire.. mais le probleme c'est qu'il n'y a pas que pendant le referendum que c'est comme ca.. c'est tjr pareil!!!
|
|
| |
wilka est immmortel, c'est un virus informatique (c) Dark oopa
|
loz
Put something exciting between your legs!
Messages : 7 599 Inscrit le 07/11/01
Non connecté
|
|
Posté le 16 juillet 2005 - 18 h 09 m 26 s |
|
|
Le 13 juillet 2005 - 10 h 34, guilhem a écrit :
Je trouve ta remarque sur l'effet boule de neige intéressante, cependant des éléments au niveau micro tendent à expliquer le caractère plus "fermé" (désolé pour le terme, en analyse des réseaux sociaux américaine, les sociologues parlent de "densely knit, bounded groups", communautés fortement maillées et aux frontières marquées peut être préféreras-tu cette formulation ) par exemple la politique de co-citation automatique que certains partis ont lancé au niveau de tous leurs sites locaux (LCR78 lié à LCR33 lié à LCR90 etc), ceci est très présent pour la LCR mais aussi pour le NPS. Je pourrais ici produire d'autres explications mais ce n'est pas l'objectif, j'essaye juste d'expliquer que ce caractère fortement maillé et aux frontières marquées de la communauté du non ne porte pas le moindre jugement moral ou éthique (je me répète). |
Mais je ne pas t'ai accusé de parti-pris je te rassure. j'aurai juste levé l'ambiguïté en disant " fermé (au sens des graphes)" plutôt que " fermé" tout court (ou une formulation plus claire, le terme graphe étant sans doute trop pointu).
Sinon je précise que je n'ai aucune formation en socio, mais ton analyse est compatible ma vision de ce qui s'est passé :
Les sites ouistes étaient plutôt des sites de difusion que des sites d'échange.
Les sites nonistes découlaient, eux, d'une démarche politique plus sociale (attention, pas dans les objectifs politiques, dans la façon de faire de la politique), l'étude montre d'ailleurs qu'ils proposent beaucoup plus de liens. Et c'est sans doute ce qui les pousse à lier ceux qui les reconnaissent (je parle à ceux qui me parlent et j'ignore ceux qui m'ignorent).
A propos de "densely knit, bounded groups" j'ai trouvé ça : http://www.chass.utoronto.ca/~wellman/publications/livingnetworked/ieee1%5B1%5D.4b.htm
Si quelqu'un a un lien intéressant et compréhensible en français ça m'intéresse.
Au fait Bernie, tu pourras rajouter le lien vers l'étude dont on parle dans le premier post ?
|
|
| |
Message édité 2 fois, la dernière par loz le 17 juillet 2005 - 18 h 57. |
| |
« Vivre simplement, pour que simplement d’autres puissent vivre. » (Gandhi)
|
Petit_PimoOosE
rsqrtps & pshufb
Messages : 4 617 Inscrit le 15/06/03
Non connecté
|
|
Posté le 16 juillet 2005 - 22 h 10 m 04 s |
|
|
Si ça peut t'intéresser, je suis en train d'essayer de traduire le texte que tu as donné en lien...
|
|
| |
Huile de fraise.
|
loz
Put something exciting between your legs!
Messages : 7 599 Inscrit le 07/11/01
Non connecté
|
|
Posté le 17 juillet 2005 - 18 h 58 m 35 s |
|
|
Ouaillenotte.
Même si je pense l'avoir compris (encore que...) ça en intéressera d'autres !
|
|
| |
« Vivre simplement, pour que simplement d’autres puissent vivre. » (Gandhi)
|
bernie38
Waldorf (le pote à Statler)
Messages : 11 427 Inscrit le 28/08/03
Non connecté
|
|
Posté le 19 juillet 2005 - 21 h 15 m 40 s |
|
|
up pour cause de mise à jour du premier post, comme demandé par Loz.
|
|
| |
La Montagne n'est pas dangereuse : on ne peut qu'y perdre la vie, tandis qu'en ville on devient bête et méchant
Voltaire
|
Jack le Castor
changeur de couches
Messages : 5 310 Inscrit le 03/01/04
Non connecté
|
|
Posté le 01 octobre 2005 - 17 h 10 m 00 s |
|
|
 because le Monde ne s'est pas encore arrêté de tourner, donc l'Europe non plus...
Et pour la faire tourner dans le bon sens, il faut déjà s'y intéresser...
Donc petit message pour vous signaler une série de Thema sur Arte au sujet de l'Europe
à commencer par Mardi 4 octobre - 20h40 Arte
Thema : Européens malgré tout !
1/4 : << Quelle Europe voulons-nous ? >>
|
|
| |
"Pourquoi avoir bac +5 pour changer des couches ?"
|
lO
N.E.S.T.A.
Messages : 7 028 Inscrit le 31/05/04
Non connecté
|
|
Posté le 01 octobre 2005 - 22 h 21 m 59 s |
|
|
ils ne sont pas en grève sur Arte le 4 octobre ?
|
|
| |
grand trône n'est pas grand roi. (éwé, togo)
|
Petit_PimoOosE
rsqrtps & pshufb
Messages : 4 617 Inscrit le 15/06/03
Non connecté
|
|
Posté le 03 octobre 2005 - 13 h 02 m 04 s |
|
|
(petite note honteuse : j'avais promis une traduction de l'Article de Loz, mais je me suis un peu empêtré dans les termes techniques et j'ai complètement laissé tomber )
|
|
| |
Huile de fraise.
|
Jack le Castor
changeur de couches
Messages : 5 310 Inscrit le 03/01/04
Non connecté
|
|
Posté le 05 octobre 2005 - 22 h 02 m 19 s |
|
|
Ce n'est qu'un début, continuons le combat
La chronique de la semaine
Par Bastien Nivet
26/09/2005 • 11h57
Union européenne : pendant les travaux, la crise continue
- Depuis les référendums français et néerlandais de juin dernier, les diagnostics sur le sujet « Union européenne » semblent formels et convergents : celle-ci est « en crise », « en panne », bref, malade. Mais ne confond-on pas la pathologie et les symptômes ?
Malade mais pas morte, répondent aujourd’hui certains : l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Turquie aura bien lieu comme prévue le 3 octobre, la libéralisation du marché des services devrait être entérinée dans les six mois à venir (voir Le Figaro du 22 septembre), et un accord sur les perspectives financières 2007-2013 sera trouvé, parce qu’il le faut bien de toute façon.
Bref, pendant la crise, les travaux continuent ; et, ajoutent les optimistes, la construction européenne a toujours fonctionné ainsi. Alternance de crises et de relances, et contournement des désaccords majeurs par la poursuite des coopérations là où elles sont possibles sont en effet des caractéristiques irréfutables de la construction européenne depuis ses origines.
Mais cette philosophie européenne du « pendant la crise les travaux continuent » est dangereuse. Avant tout, si crise européenne il y a, c’est inverser pathologie et symptomes que de penser qu’elle est la conséquence des référendums du printemps, alors qu’ils n’en furent qu’une manifestation. Ce n’est pas parce que deux pays ont échoué dans la ratification d’un Traité que la construction européenne est en panne, mais bien parce que quelque-chose est en panne dans la construction européenne que ce Traité a été refusé. Ce quelque-chose qui est en panne, c’est l’existence d’un sens, d’un élan politique qui soit perçu, soutenu ou au moins accepté par une majorité des citoyens et des Etats membres. Mélange de solidarité, d’acceptation du compromis, d’ambition commune et de construction responsable d’un avenir partagé, cet élan fondateur a été perdu en route, quelque part entre le 9 mai 1950 et l’année 2005. Et ce ne sont pas les citoyens français et néerlandais qui en sont responsables. C’est le mélange de procrastination permanente, d’absence de vision stratégique et de dépolitisation qui caractérise la politique européenne de la plupart des Etats membres depuis de nombreuses années. Or, au motif que rien ne doit arrêter les travaux européens, qu’il faut, quoi qu’il arrive, surmonter la prétendue crise en « avançant » (vers quoi ? avec qui ?), ces erreurs se reproduisent aujourd’hui. Bien évidemment, à se tromper de maladie, on se trompe de remèdes.
Les Vingt-cinq avaient l’occasion, en négociant les perspectives financières de l’Union pour 2007-2013, de démontrer concrètement à leurs citoyens que la solidarité européenne peut et doit exister, et que l’Union peut-être un investissement dans leur avenir à travers des politiques communes comme la recherche ? Peu importe, égoïsmes nationaux exacerbés et absence de vision commune des priorités de l’Union ont fait échouer les négociations en juin. Et au lieu de s’interroger sur les raisons profondes de cet échec, en s’obligeant à clarifier l’état des solidarités européennes et des ambitions politiques communes, c’est pour une simple suspension des négociations que les Vingt-cinq ont opté.
Les débats référendaires ont révélé, quant à eux, une inquiétude des citoyens face au décalage entre les processus de libéralisation du marché intérieur européen et la faiblesse des mesures politiques et sociales d’accompagnement de ce processus ? Peu importe... Aujourd’hui, la libéralisation des services reste une priorité, la libéralisation complète du marché intérieure doit se poursuivre puisque c’est la seule chose qui marche. Et on se contentera, en contrepartie, d’un sommet informel sur « le modèle social européen » (les 27 et 28 octobre prochain) dont il y aurait beaucoup à attendre mais dont il y a si peu à espérer. Le rééquilibrage de la construction européenne, et le rapprochement entre l’Union et les citoyens peuvent attendre. L’important, c’est que les travaux continuent.
Les mêmes débats ont révélé que les incertitudes quant aux contours géographiques et politiques de l’Union européenne pesaient sur sa perception et son appropriation par les citoyens européens ? Cela aurait pu être l’occasion, non pas de faire payer à tel ou tel pays candidat les craintes des électeurs, mais de démontrer que l’élargissement de l’Union répondait à une vision politique et stratégique cohérente et ambitieuse. Au lieu de cela, les conditions de l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Turquie, maintenue parce que priorité de la Présidence britannique de l’UE et « parcequ’il faut bien avancer », démontrent le contraire. Quel ensemble politique accepterait d’entamer des négociations d’adhésion avec un Etat qui ne reconnaît pas l’existence d’un de ses membres, en occupe militairement une partie du territoire, et jure de ne pas lui appliquer les obligations qui découlent de ses engagements ? Aucun, et c’est pourtant ce qui va se produire le 3 octobre avec l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Turquie.
Il est donc aussi vrai que, pendant la crise, les travaux continuent...
Bastien Nivet est chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS)
et ATER à l’Institut d’Etudes Politiques de Lille. |
http://www.europeplusnet.info/
|
|
| |
"Pourquoi avoir bac +5 pour changer des couches ?"
|
Jack le Castor
changeur de couches
Messages : 5 310 Inscrit le 03/01/04
Non connecté
|
|
Posté le 31 octobre 2005 - 14 h 34 m 11 s |
|
|
Je suis tombé sur une vieille tribune de Michel Rocard parue dans Le Monde en 2003...
En gros, Rocard a alors avancé que le rêve fédéraliste d'une Europe politique était malheureusement mort, et qu'il convenait de changer d'objectif pour consolider ce qui a le mieux marché dans la construction européenne : la mise en place d'un espace pacifié, avec un commerce ouvert et régulé...
Pour une politique étrangère commune, Rocard estime que cela est devenu impossible au sein de l'Union Européenne, et qu'une coopération au sein d'un "noyau dur" (France, Allemagne, Belgique...) est préférable.
Il conclut en affirmant que la constitution devait être adoptée, pour au moins sauver l'essentiel, et que les "manques" de cette constitution devraient être ensuite comblées au sein de ces "coopérations renforcées" (il n'emploie pas l'expression, mais je pense qu'on peut traduire ainsi...)
Maintenant que la constitution a de toute façon été rejetée, espérons au moins que la crise européenne débouche sur un renforcement des positions de ceux qui visent un approfondissement via ces coopérations renforcées...
Le Monde
HORIZONS DÉBATS
Point de vue
Du bon usage d'une Europe sans âme Article paru dans l'édition du 28.11.03
Louise Weiss fit, en qualité de doyenne d'âge, le discours inaugural de la première session du Parlement européen enfin élu au suffrage universel. Elle y déclara : "L'Europe est une question d'âme."
Elle aurait dû avoir raison. En tout cas nous fûmes nombreux à le croire, et surtout à l'espérer.
Ce n'est plus vrai : faute d'identité, l'Europe ne saurait avoir une âme. Si l'énorme bloc qui compose la deuxième économie du monde, sinon la première, avait une âme, cela se sentirait peu ou prou entre Israël et la Palestine, en Irak, en Tchétchénie, en Afrique centrale ou ailleurs, et plus encore dans les négociations mondiales de contrôle des armements. Sans parler des menaces climatiques ou de la pauvreté dans le monde.
L'idée d'une Europe capable non seulement de défendre mais d'exporter vers d'autres continents son modèle social - une économie de marché tempérée par de bons services publics, une forte protection sociale et la soustraction des biens et services de culture aux excès du marché - et capable aussi de peser fortement sur les affaires mondiales, bref l'idée d'une Europe puissance, implicitement contenue dans les formules "Etats-Unis d'Europe" ou "fédération européenne", a été récusée par nos gouvernements rassemblés à trois reprises : Maastricht, Amsterdam, Nice.
Et le projet de Constitution élaboré par la Convention rejette aussi cette idée. Les bricolages marginaux qui s'effectuent sous la rubrique "Actions communes de politique étrangère et de sécurité commune" ne sauraient constituer un leurre, pas plus que les efforts désespérés du haut représentant pour la politique étrangère, puisque l'unanimité nécessaire pour toute décision de quelque ampleur suffit à les empêcher.
Le diagnostic de cette mort programmée de l'Europe politique a été confirmé de manière éclatante par la crise irakienne. Celle-ci a simplement rappelé ce qu'on avait trop tendance à oublier. Les peuples rassemblés en nations qui décident de s'unir sont mus non seulement par l'idée qu'un marché unique est profitable à leur développement mais aussi par le sentiment qu'ils ont en commun, à un plus haut degré que partout ailleurs, une forte vision des droits de l'homme et de la protection sociale comme compléments nécessaires à l'économie de marché. Cela ne saurait en rien faire disparaître ce fait majeur : l'élément essentiel de la cohésion d'une nation est avant tout l'idée qu'elle se fait de sa sécurité.
Pour l'Irlande, la Finlande, la Suède et l'Autriche, l'idée que c'est leur neutralité qui a assuré durablement leur sécurité est profondément enracinée dans l'esprit populaire. Aucune alliance économique ne saurait conduire à y déroger : elles ne sauraient se rallier à une politique étrangère qui en prendrait le risque.
Pour la Grande-Bretagne, ce sont les liens spéciaux avec les Etats-Unis qui sont la clé de la sécurité vécue depuis plus d'un siècle. Elle y est viscéralement attachée, de manière excessive ou irréaliste aux yeux de certains - mais son opinion pense ainsi -, et elle n'a vu venir du continent depuis un siècle que des drames.
La France a nourri dans la dissuasion nucléaire une confiance qui confine à la naïveté, ce qui l'a amenée à relativiser par trop l'importance de ses alliances.
Pour tous les autres, les garants de leur sécurité sont les Etats-Unis. Quant aux nouveaux arrivants, ils savent bien que ce sont les Etats- Unis et non l'Europe qui les ont débarrassés du communisme. Rien n'est acceptable pour eux qui distendrait ce lien. Le concept de politique européenne commune suffit à lui seul à illustrer un risque qu'ils ne veulent pas prendre.
Il n'y aura donc pas de politique étrangère commune, sinon dans bien des décennies. L'Europe politique est morte.
Il me semble dangereux de vouloir se faire redonner à de multiples reprises les leçons de l'histoire. Quatre fois suffisent.
Car, enfin, il est temps de prendre conscience de ce qui s'est fait et d'en tirer le meilleur parti.
Sous le nom d'Europe s'est fabriqué sous nos yeux quelque chose d'important, qui ne ressemble guère à ce dont nous avions rêvé, mais qui est déjà historiquement fabuleux et d'un poids considérable en matière de règles du jeu économiques, sociales et financières.
L'Europe n'est donc pas une puissance organisée autour d'une volonté politique porteuse d'un projet. Elle ne le sera jamais. Il est sage, mais surtout urgent, d'en prendre conscience, de le proclamer et de s'en accommoder, ce qui fera disparaître bien des frictions et des malentendus dans la mécanique actuelle.
Ce qui s'est fait sous le nom d'Union européenne ne ressemble à rien de connu jusqu'ici. Sans cohésion politique ni identité commune, c'est essentiellement un espace de paix régi par le droit.
Il faut rappeler inlassablement que la paix n'est ni fatale ni même naturelle en Europe. Ce "ma-chin" à 25 nations qui rend toute guerre impossible entre elles est historiquement déjà miraculeux. Or il est fragile. Il reste essentiel d'empêcher tout mécanisme de désagrégation de s'enclencher. C'est la raison majeure de ratifier de toute façon la prochaine Constitution, quelque imparfaite qu'elle soit.
C'est aussi une forte raison d'encourager tout nouvel élargissement, notamment dans les régions frontalières instables de l'Europe.
Cet espace de paix n'est pas producteur de volonté mais seulement de règles. Il est régi par le droit. Deux corpus juridiques principaux ont été créés. Le premier concerne les droits de l'homme. En gros, même s'il reste à compléter, c'est le meilleur au monde. Notre projet politique est de toute façon de l'étendre au monde entier. L'élargissement à de nouveaux membres, y compris hors d'Europe, est d'évidence le meilleur moyen de le faire, y compris pour notre propre sécurité : pensez au Moyen-Orient et au Maghreb.
L'autre corpus juridique concerne le droit de la production, de la concurrence, du commerce et de l'échange. A nos yeux de socialistes, il y manque une définition européenne de la politique industrielle, des services publics et de l'aménagement volontaire du territoire. Aucun traité ni Constitution ne s'opposent à ce qu'une majorité sociale-démocrate puisse un jour le faire. Mais tel qu'il est, ce bloc juridique, dans son domaine aussi le meilleur au monde, est déjà considérable.
Ces dernières années, et tout spécialement ces dernières semaines nous ont apporté une découverte inattendue et essentielle. L'Europe ne fait peut-être guère plus que du droit économique, mais elle a la taille pour faire le droit du monde. Boeing et Douglas - il est d'autres exemples - n'ont pas pu fusionner pour faire un monopole universel parce que le droit européen s'y oppose. Et, en matière de brevetabilité des logiciels, même si le combat n'est pas fini, car il ne s'agit que d'une première lecture, Microsoft s'est vu interdire par le Parlement européen de prendre le contrôle mondial de la diffusion des nouveaux savoirs.
Cette capacité imprévue de l'Europe est fondamentale, et ce n'est qu'un commencement. Nous vivons une période où l'humanité voit s'installer le deuxième Empire romain de son histoire. On risque d'en prendre pour un siècle ou plus. Nul au monde ne peut résister militairement au nouvel empire américain. Sa puissance technologique, financière et médiatique lui permet de tenter d'imposer son cruel mais efficace modèle de société partout dans le monde. Au-delà des opinions publiques la seule force de résistance est le droit. C'est bien pourquoi l'administration Bush a mis tant d'énergie à tenter de démolir les Nations unies, productrices d'un droit international qui les gêne. Aujourd'hui, cette Europe, cet espace sans identité politique que des puristes trouvent trop libérale - on peut et on doit le regretter, mais elle s'est construite dans la période où le vent néolibéral, venu de Chicago, soufflait sur le monde entier -, suffit à empêcher les plus puissantes compagnies américaines de dominer déjà le monde pour leur part.
Si la gauche française tout entière n'a pas encore complètement compris le coup, Bush lui, a compris. C'est un objectif public de l'administration américaine que d'affaiblir et si possible de démolir l'Europe.
Il serait surprenant que la gauche française et notamment le PS donnent un sérieux coup de main au président Bush dans ce travail en refusant de ratifier la prochaine Constitution : le mécanisme de démantèlement se mettrait en œuvre. Au contraire, tout nouvel élargissement accroît la zone relativement protégée contre la volonté monopoliste américaine.
L'outil juridique est donc essentiel et il est fondamental de le consolider, le protéger et l'étendre.
Tout cela fait du droit utile, mais sûrement pas de la politique étrangère. Comme la nature, la politique a horreur du vide. Il y a un immense besoin d'une politique étrangère et stratégique militant pour le multilatéralisme, la régulation négociée des affaires mondiales et la limitation de l'hégémonie américaine.
Elle ne peut plus avoir l'Union européenne comme point d'appui. Dommage, mais c'est ainsi. Ce sera l'affaire de nations courageuses agissant comme telles. Ce qui a commencé entre l'Allemagne, la Belgique, la France et le Luxembourg mettra du temps à grandir, mais répond à ce besoin.
Il est possible aussi que le fait, pour douze pays, de disposer d'une monnaie commune, avec tout ce que cela implique (songeons aux conditionnalités politiques du FMI ou à la politique de développement de la Banque mondiale), entraîne à terme des conséquences politiques totalement insoupçonnées et répondant au même besoin.
Pour jouer cette carte-là, il faut désormais interdire l'entrée dans l'euro à tout autre. L'expérience de ces derniers jours montre d'ailleurs que, dans la zone euro, on fait davantage de la politique que l'on a le souci de respecter les règles. Dans l'esprit que je viens de dire, je ne suis pas sûr qu'il faille le regretter !
Le monde change à toute allure. Quiconque veut peser sur son avenir doit comprendre aussi vite.
par Michel Rocard
(ancien premier ministre, président de la commission de la culture au Parlement européen) |
http://www.lemonde.fr
|
|
| |
"Pourquoi avoir bac +5 pour changer des couches ?"
|
loz
Put something exciting between your legs!
Messages : 7 599 Inscrit le 07/11/01
Non connecté
|
|
Posté le 31 octobre 2005 - 15 h 19 m 17 s |
|
|
C'est marrant je l'ai lu sans la date, et j'ai cru qu'il parlait de la prochaine version du TCE.
Qu'à cela ne tienne, mes commentaires sont aussi valables :
Je trouve l'analyse de Rocard (une Europe apolitique) assez juste, cependant elle lève deux problèmes.
Le premier est que le TCE avait une robe politique sans en avoir le contenu, j'ai donc eu le sentiment qu'on voulait me tromper.
Le deuxième est que c'est bien joli de limiter l'Europe à une dimension juridico-économique, mais comme je perçois une absence de gouvernance politique en France, accepter le TCE c'est abdiquer toute chance d'être gouverné !
|
|
| |
Message édité 1 fois, la dernière par loz le 31 octobre 2005 - 15 h 21. |
| |
« Vivre simplement, pour que simplement d’autres puissent vivre. » (Gandhi)
|
|
|
|