UFC-Que Choisir enquête sur les tarifs de la mobilité

En matière de téléphonie mobile, le consommateur français est allègrement ponctionné par les trois opérateurs grassement installés dans leur monopole. Depuis bien des années, aucun des trois n'a fait un réel effort pour que le consommateur français gagne un minimum de pouvoir d'achat, bien au contraire.
L'association de consommateurs
UFC-Que choisir s'attaque aux tarifs de la mobilité en France et, le moins que l'on puisse dire, est que rien n'a vraiment changé depuis des années.
Les résultats de l'étude montrent qu'en fait, la baisse des tarifs a été bien modeste, voire qu'elle a été inexistante.
Petit bilan de l'étude de UFC-Que choisir
Les infrastructures des réseaux étant amorties depuis longtemps, on aurait dû bénéficier d'une forte baisse des tarifs. Dans les faits, il n'en est rien !
Les offres des opérateurs sont devenues plus riches de services et les tarifs des forfaits ont été augmentés à chaque fois.
Rien à voir avec les offres des fournisseurs ADSL qui ajoutent très souvent des nouveautés sans jamais augmenter leurs tarifs.
Il faut reconnaître que les offres des fournisseurs ADSL sont devenues beaucoup moins opaques à comprendre au contraire de la mobilité où c'est souvent la jungle pour savoir ce dont on bénéficie en fin de compte.
Les FAI ont simplifié la vie de leurs clients puisqu'ils proposent un tarif forfaitaire qui est de 30 euros environ quelque soit le nombre de services actuels ou à venir. Et ces tarifs n'ont pas changé depuis des années contrairement aux services qui se sont multipliés dans chaque offre ADSL.
En matière de téléphonie mobile, la tendance est également à l'illimité mais le consommateur a intérêt à bien décortiquer son offre pour savoir jusqu'où va son fameux illimité. Bien souvent, ces offres sont plus limitées tout en étant plus chères qu'un simple forfait classique évidemment.
Et en définitive c'est la facture qui est illimitée !
L'association
UFC-Que choisir donne des exemples de tarifs qui ont plus souvent augmenté depuis 2003 que le contraire.
Un client chez
Bouygues Telecom qui payait 20,50 € pour une consommation de 80 minutes en voix et 30 SMS en 2003 était facturé 25 € en septembre 2007, soit une augmentation de 22 % en 5 ans. On retrouve à peu près le même pourcentage d'augmentation chez
Orange. Par contre chez
SFR, le même client n'aurait subit que 4,10 % d'augmentation, c'est déjà mieux mais cela reste un plus à payer pour le client.
A comparer avec les forfaits qu'on trouve aux Etats Unis, la France fait pâle figure. En effet, là bas, la concurrence est beaucoup plus forte et il n'est pas rare d'obtenir des forfaits de 5 heures de communications pour 30 dollars ou encore de plus de 15 heures pour 40 dollars (
tarifs trouvés sur le site de T-Mobile).
Une autre exagération des offres françaises concerne les forfaits bloqués dans des périodes allant jusqu'à 24 mois, ce qui privent les consommateurs de pouvoir changer d'opérateurs plus facilement.
Finalement, on s'aperçoit que les années ont passées et que les forfaits sont restés très classiques et sont même devenus ultra chers.

Dans une famille où chaque membre possède son mobile, le pouvoir d'achat s'en retrouve très réduit dans les autres domaines de la consommation. C'est une question de choix, diront certains, mais dans notre société, le téléphone est devenu plus qu'indispensable et dans bien des cas, ce sera au détriment d'autres choses.
Il faut rappeler que les trois opérateurs principaux que sont
Orange,
SFR et
Bouygues Telecom se partagent 95 % du marché national de la téléphonie mobile. Les 5 % restants concernent les opérateurs virtuels, autrement nommés les
MVNO. Mais ceux-ci n'ont pas d'impact réel sur les tarifs des grands opérateurs.
L'
UFC-Que choisir dénonce le manque d'une vraie concurrence dans le marché français et des offres en place qui ne vont pas du tout dans le sens du consommateur.
Il devient urgent qu'un quatrième opérateur mobile arrive en France et qu'il ait les moyens de bousculer l'ordre établi.
Une fois de plus, nous insisterons sur une question qui mériterait la réflexion des opérateurs ou, dans d'autres domaines, de certains grands distributeurs :
vaut-il mieux vendre plus pour pas cher ou peu pour très cher ?
Lien vers l'étude de
UFC-Que choisir
Source : DegroupNews
Brève rédigée par Patrick E. le 28 Février 2008 à 18h22.