La Catch-up TV s'installe en France. Bilan du phénomène

La France découvre le service « Catch-up TV » et nous profitons de l'arrivée du service d'Orange, réalisé en partenariat entre France Telecom et France Télévisions pour faire un premier bilan de ce qui va profondément changer nos habitudes dans l'utilisation des programmes TV.
Bilan d'un phénomène appelé Catch-up TV
Le service «
Catch-up TV » est décidément très tendance et ce, pour le plus grand plaisir des téléspectateurs qui plébiscitent ce mode de rediffusion d'un nouveau genre partout où il est disponible.
De son côté,
Orange vient de lancer son nouveau service dédié à la « télévision de rattrapage » qui a été validé par le Conseil de la concurrence le 9 mai dernier. Ainsi les téléspectateurs vont pouvoir profiter de certains programmes en dehors des heures de diffusion sur le réseau classique (hertzien ou TNT).
La Catch-up TV, c'est quoi au juste ?
C'est la possibilité offerte par les chaînes de télévision de revoir un programme après sa première diffusion à l'antenne. L'utilisateur pourra voir et revoir autant de fois qu'il le voudra le ou les programmes qu'il aura manqué lors de leur première diffusion à l'antenne et ce, pendant un temps donné qui va de quelques heures à plusieurs semaines suivant la chaîne et/ou le type de programme.
Chaque chaîne de télévision choisit sous quel format et dans quel temps donné elle offrira le visionnage de ses programmes. Dans le même ordre d'idée, chaque chaîne décide du contenu qui sera offert en télévision de rattrapage.

En général, les programmes proposés dans un service de
Catch-up TV sont : les magazines réalisés par les chaînes, les documentaires, les émissions de divertissement, les informations, les séries TV, le cinéma, le sport ...etc.
Concernant le financement du service qui est gratuit pour l'utilisateur, la plupart des chaînes diffusent une publicité avant et après le programme. Quelquefois, la publicité interviendra au milieu du programme. Sur ce plan, chaque chaîne choisit son modèle de prédilection en fonction de la réaction des téléspectateurs ou du taux de visionnage des programmes. Évidemment, plus un programme est vu, plus la manne publicitaire sera juteuse...
Le service Catch-up TV existe depuis plusieurs années dans certains pays et remporte un énorme succès.
La gratuité du service est très importante et il est bon de noter que l'intrusion de la publicité dans les programmes proposés ne dérangent pas vraiment les usagers.
Au États Unis les grands médias ont débuté ce service depuis le 30 avril 2006. Le groupe
ABC qui produit des séries comme «
Desperate Housewives » par exemple, propose un service de
Catch-up TV avec tous ses programmes phares. Le groupe a baptisé son service «
My ABC ».
«
My ABC », qui est disponible depuis le site web d'
ABC (
réservé aux seuls résidents américains), a été testé en 2006.
Pendant sa phase de test, il a été proposé les épisodes de quatre séries phares sur une période de deux mois. Pendant cette période, il y a eu 16 millions de téléchargements, soit dix fois plus que sur la plateforme iTunes d'Apple qui proposait les même programmes sur une durée identique.
Selon un sondage réalisé à la même époque, 84 % des téléspectateurs ont été très satisfaits de l'arrivée de ce service. A noter que la télévision de rattrapage n'a pas été une entrave aux autres programmes en diffusion normale sur les chaînes.
Fort de ce succès, ABC a officialisé son service en version permanente dès la fin septembre 2006 et la chaîne concurrente, CBS, a lancé son propre service peu de temps après.
Du constat américain, il est facile de prévoir un succès identique au modèle français qui commence à poindre le bout de son nez avec la plupart des grandes chaînes nationales.
La Catch-up TV à la française s'installe petit à petit mais on voit apparaître une notion d'exclusivité qui n'est pas pour plaire à tout le monde.
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Ainsi, Orange vient d'annoncer le démarrage de son service de télévision de rattrapage (« Rewind TV ») en partenariat avec France Télévisions. Une partie des programmes proposés seront reçus exclusivement par les abonnés Orange ADSL ou mobile. Evidemment, cette situation a été tout de suite critiquée et l'association française des opérateurs de réseaux et de services de télécommunications (AFORST) est montée au créneau.
Le projet «Rewind TV » entre en scène.

L'histoire débute en juillet 2007 avec un partenariat signé entre
France Telecom et France Télévisions qui doit permettre à
Orange de lancer un nouveau service de «
télévision de rattrapage ». Baptisé «
Rewind TV », le service offrira la possibilité de revoir des programmes issus des chaînes du service public dans un temps restreint.
Le service proposé par
Orange marque également une première française. En effet,
les producteurs des programmes seront rémunérés au titre de la télévision de rattrapage en échange de l'exclusivité qui leur est faite.
La notion d'exclusivité sur certains programmes dont seuls les abonnés d'
Orange (ADSL avec option TV et mobiles dans l'offre 3G) pourront disposer gracieusement dans un délai donné a vite envenimé les choses.
En effet, seuls les abonnés
Orange bénéficieront de ce service directement et gratuitement.
L'exclusivité concerne certains programmes des chaînes de France 2, France 3, France 4, France 5 et France O entre 18 et 24H. A noter que le cinéma, les programmes sportifs et les journaux télévisés ne sont pas concernés par cette exclusivité. Les programmes sélectionnés seront visibles dès le lendemain de leur diffusion à l'antenne et disponibles pendant une période donnée en fonction de leur nature, à savoir, sept jours pour les programmes de flux (magazines, émissions de divertissement) et entre sept et trente jours pour les programmes de stock (séries, fictions et documentaires).
Suivant le type d'abonnement des clients
Orange, le visionnage sera différent mais toujours gratuit.
Ainsi, les abonnés
Orange ayant souscrit à l'offre télévision bénéficieront du service «
Rewind TV » directement sur leur téléviseur. Les abonnés
Orange mobile 3G pourront voir les programmes directement sur leur téléphone.
Les autres abonnés
Orange devront se connecter sur le site d'
Orange pour bénéficier de la gratuité du visionnage.
Les utilisateurs non abonnés pourront voir ces quelques programmes réservés grâce aux même sites mais en version payante. Pour rappel, l'exclusivité ne concerne que quelques programmes de la tranche horaire 18 à 24H et en aucun cas, tous les programmes des chaînes du service public.
Malgré cela, l'association française des opérateurs de réseaux et de services de télécommunications (
AFORST) a porté plainte auprès du Conseil de la concurrence prétextant qu'un tel accord d'exclusivité entre deux groupes à position dominante posait de graves problèmes de concurrence.
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Le droit de la concurrence ne prohibe pas en soi un accord d'exclusivité
Le Conseil de la concurrence a pris son temps pour étudier le sujet et a finalement rendu son verdict la semaine dernière en rejetant la plainte de l'
AFORST.
Pour le Conseil, un accord d'exclusivité ne peut pas être prohibé quand bien même il est réalisé entre un opérateur à position dominante et un groupe à forte notoriété.

Étudiant les plaintes au cas par cas, le Conseil considère que l'exclusivité dans cet accord est restreinte à certains programmes dans une tranche horaire réduite (entre 18 et 24 H) et qu'elle exclut le cinéma, le sport et les informations.
A cela, le Conseil de la concurrence ajoute que tous les consommateurs pourront avoir accès à ces programmes via les portails de vidéo à la demande de France télévisions et d'
Orange.
L'autre point qui a convaincu le Conseil est de constater que pour la première fois, les producteurs seront rémunérés grâce à la diffusion de leur programme sur le service «
Rewind TV ».
Enfin, le Conseil de la concurrence note que les autres fournisseurs peuvent entrer en négociation avec France télévisions et, à leur tour, signer des contrats de diffusion exclusifs ou non sur d'autres programmes.
De son côté le
CSA a émis son opinion et demande au législateur de clarifier un point relatif à l?article 48-1-A de la loi du 30 septembre 1986 qui interdit à certaines chaînes publiques d?accorder des droits exclusifs de reprise de leurs programmes. L'article en question ne précise pas si l'interdiction concerne également les services non linéaires tels que la télévision de rattrapage.
Par ailleurs, le
CSA constate que l'exclusivité faite à
Orange ne concerne pas un grand nombre de programmes et ne voit pas véritablement un effet anticoncurrentiel majeur sur le marché du haut débit.
Ceci étant, il estime qu'à plus long terme, l'arrivée d'autres exclusivités faites entres des chaînes et des opérateurs ADSL ou câble pourraient nuire à l'intérêt des consommateurs qui seraient privés des possibilités offertes par les nouveaux usages d?un service télévisuel en mode non linéaire.
En conclusion, le
CSA annonce qu'il examinera la situation du service « Rewind TV » dans plusieurs mois, notamment la façon dont il aura été accueilli par les consommateurs et s'il se révèle être un succès, s'il peut être concurrencé de façon équitable par d'autres systèmes.
En conséquence, le
CSA se réserve le droit de demander au Conseil une nouvelle évaluation en fonction de l?impact du service sur le marché d'ici un an et décide d?éventuelles mesures conservatoires permettant de remédier aux éventuels problèmes de fonctionnement.
Vous pouvez consulter le document intégral concernant la décision du
Conseil de la concurrence en cliquant sur
ce lien (Pdf).
Vous pouvez également consulter l'avis du
CSA ou celui de l'
ARCEP.
Nous avons, pour notre part, testé les premiers systèmes de
Catch-up TV à la française déjà disponibles.
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Les fournisseurs de contenus et les chaînes de TV se lancent dans la Catch-up TV
La plupart des grandes chaînes de télévision française et certains FAI sont lancés dans la course de la télévision de rattrapage. Nous nous sommes amusés à tester les différents services sur les chaînes françaises et nous avons eu quelques surprises. Le matériel utilisé pour le test est un écran
ACER de 22 pouces raccordé à une carte
NVidia 7200 GS (
modèle 512Mo). Nous donnerons des étoiles de 1 à 5 aux différents systèmes testés.
Tout d'abord, nous avons testé la «
Rewind TV » d'
Orange qui s'avère être de très bonne qualité visuelle même en mode plein écran. Un modèle du genre que les autres fournisseurs devraient imiter tant l'image est quasiment parfaite. Nous attribuons une notation de 4/5 étoiles à «
Rewind TV » qui apporte la meilleure qualité qui soit dans ce nouveau service.
Le fournisseur ADSL
Free a initié son système de
Catch-up TV dernièrement en lançant
Canal+ à la demande sur
Freebox TV.
Ce partenariat signé avec le groupe Canal permet aux abonnés
Freebox TV ayant souscrit à l'option
Canal+ Le Bouquet par ADSL de profiter de certains programmes (magazines, films, séries...) directement sur leur télévision. Chaque programme proposé en
Catch-up TV est disponible à n'importe quel moment pendant sa période de multidiffision sur l'antenne (
voir ici). N'étant pas abonnés à
Canal+ via ADSL, nous n'avons pas pu tester ce service.
La chaîne culturelle
ARTE propose gratuitement ses programmes pendant une semaine après diffusion à l'antenne. Le service s'appelle
ARTE+7(
voir info ici). ARTE propose plusieurs qualités de format, en Flash vidéo ou Windows media.
En format Flash vidéo, la qualité reste assez moyenne. Le mode plein écran laisse apparaître une image floue et des pixels. Le mode Windows media haute qualité est quant à lui de bien meilleure facture même en plein écran où on a pu le comparer à la qualité de « Rewind TV » d'
Orange. Nous attribuons une note de 3/5 étoiles à
ARTE qui montre un réel effort de qualité.
Le service
ARTE+7 est accessible sur
cette page.
De son côté
M6 a lancé son service
M6 Replay qui propose ses magazines, séries et autres programmes de divertissement gratuitement pour les retardataires (
voir news ici). M6 Replay obtient 3,5/5 étoiles car la chaîne fait de bons efforts sur la qualité.
Le service
M6 Replay est accessible
ici.
TF1, pour sa part, propose également un service de rattrapage sur son site
TF1.fr (
rubrique vidéos). Notre test nous a montré une qualité de vidéos légèrement floues en mode plein écran. Si on était encore à l'école, on attribuerait le commentaire : «
peut mieux faire » à
TF1 qui n'obtient que 2/5 étoiles sur l'échelle de notre évaluation.
Le
Catch-up TV a un très bel avenir en France si on en juge par ces débuts prometteurs pour un public devenu très exigeant au fil des années. Reste à attendre les futurs systèmes de télévision de rattrapage dans le format du futur qu'est la haute définition. Qui sera le premier à le proposer ?
Source : DegroupNews
Brève rédigée par Patrick E. le 19 Mai 2008 à 19h48.