Eric Besson a un plan pour sortir de l'analogique
A la fin du mois de mai, le CSA dévoilait le choix de la ville de Coulommiers comme terrain d'expérimentation du passage à la télévision numérique en remplacement de la télévision analogique. C'est dans cette commune de Seine-et-Marne que s'est rendu le 22 juillet Eric Besson afin de donner le coup d'envoi du basculement technologique. Le secrétaire d'Etat en a également profité pour révéler les principaux points du plan d'action gouvernemental concernant la télévision numérique.
L'abandon progressif de
la télévision analogique et son corollaire, le passage à
la télévision numérique, sont un des enjeux majeurs du
plan de l'économie numérique qu'Eric Besson doit remettre à François Fillion à la fin du mois de juillet 2008.

On se souvient qu'en mai dernier,
Coulommiers avait été désignée par le CSA comme
ville-test de la télévision numérique (
voir article). C'est donc très logiquement que le secrétaire d'Etat en charge du développement de l'économie numérique a choisi l'inauguration de l'abandon de l'analogique dans cette ville pour présenter
les grands axes du plan d'action gouvernemental pour la télévision numérique.
Tout d'abord, « France Télé Numérique », le groupement d'intérêt public composé de membres de l'Etat, de France Télévisions, d'Arte France, de TF1, de Métropole Télévision (M6) et de
Canal + sera chargé d'informer les Français en organisant
une grande campagne de communication d'envergure nationale sur le basculement technologique. Cette campagne sera notamment soutenue par la mise en place d'une communication et d'une information spécifiques, en collaboration avec
les distributeurs d'électronique grand public, sur les lieux mêmes de vente d'équipements.

De plus, Eric Besson, qui fut un jour socialiste, promet
la création d'un système d'aide aux plus démunis, afin que personne ne soit exclu de la révolution numérique. Ainsi, les personnes exonérées de la redevance audiovisuelle et n'étant abonnées à aucune offre TV d'aucune sorte recevront une aide financière pour «
couvrir les frais d'achat d'un adaptateur de TNT ».
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Enfin, suivant le schéma national de basculement, en 2009,
deux régions d'environ 1 million d'habitants devront avoir été choisies afin de mener des tests à grande échelle. Or ce dernier point risque de se révéler plus problématique qu'il n'y paraît.

En effet, le secrétaire d'Etat a rappelé l'engagement du gouvernement «
à apporter à tous les Français, avant 2012, 18 chaînes gratuites en qualité numérique », l'abandon de la télévision analogique devant être achevé en 2011 sur l'ensemble du territoire. Ainsi, le
CSA souhaite utiliser les fréquences progressivement abandonnées par la télévision analogique
pour accélérer la couverture de la TNT et ne lancer de nouveaux services qu'en 2012, simultanément partout en France.

Cependant, l'
ARCEP, soutenue par l'industriel TDF, désire, au fur et à mesure de la libération des fréquences dans chaque région,
les attribuer à de nouveaux services. En effet, et Eric Besson l'a rappelé à Coulommiers, le basculement technologique est l'occasion, grâce à la libération de fréquences ? appelée
dividende numérique ?, de développer de nouveaux services tels que «
la télévision en haute définition, la télévision mobile personnelle, la télévision interactive [ou]
le très haut débit mobile ». Or, c'est un des nombreux rôles de l'
ARCEP que de veiller
à la bonne couverture du territoire en termes de technologie numérique. Les fréquences libérées par l'abandon de la télévision analogique ont notamment été promises par le régulateur aux opérateurs mobiles afin de développer le
très haut débit mobile et des associations aussi vigilantes que l'
AVICCA ne manqueront pas de rappeler l'
ARCEP à ses devoirs (
voir article).

En outre, le
CSA et l'
ARCEP s'affrontent également sur le choix des régions-tests devant passer au numérique dès 2009. Si la désignation de l'Alsace fait consensus, il en va tout autrement pour la deuxième région. Le
CSA souhaite voir basculer la Basse-Normandie, ce que l'
ARCEP, là aussi soutenue par TDF, juge être un mauvais choix puisque cette région a la chance de recevoir la télévision analogique britannique qui ne passera au numérique qu'en 2012. Faire le choix du numérique dès 2009 pour la Basse-Normandie serait priver injustement les habitants de cette région des excellents programmes de la
BBC (
voir article).
Il faut néanmoins espérer que ces divergences d'opinions n'entraîneront pas
un retard trop conséquent de l'évolution technologique. Face aux engagements pris en matière de développement numérique ? accès à la TNT, meilleure couverture du haut débit et du très haut débit mobile, notamment ? il échoit au Premier ministre de trancher et d'établir des priorités, ce qu'il devrait faire
avant septembre en nommant les deux régions qui expérimenteront le passage à la télévision numérique.
Brève rédigée par Stéphane C. le 23 Juillet 2008 à 16h31.